LIVRE QUATRIÈME
tiemi des autres animaux, non leur supérieur. Il les chasse et les détruit ; mais il ne sait ni les multiplier ni les gouverner \
Cette circonstance forme peut-être la distinction la plus importante qu'il y ait entre les habitants de l'Ancien et du Nouveau-Monde , celle qui donne aux peuples civilisés plus de supériorité sur ceux qui restent sauvages. Les plus grandes opérations de l'homme pour changer et embellir la face de la nature, et ses efforts les plus puissants pour augmenter la fécondité de la terre, s'exécutent au moyen des secours qu'il reçoit des animaux qu'il a apprivoisés et formés au travail. C'est par leur force qu'il parvient à dompter le sol rebelle, et à convertir en champs fertiles les déserts et les marais. Mais l'homme, dans l'état de civilisation, est si familiarisé avec l'usage des animaux domestiques , qu'il ne réfléchit guère sur les avantages inestimables qu'il en retire. Supposons-le cependant, même dans l'état de société le plus parfait, privé de l'utile secours de ces animaux , nous verrons cesser, à quelques égards, son empire sur la nature, et il restera un animal faible, embarrassé de trouver les moyens de subsister, et incapable de tenter ces entreprises pénibles que leur assistance le met en état d'exécuter avec tant.de facilité.
(i) Buffon, Hist, nat. IX, 85. Hist. philosoph. et politique des deui Indes, ri, 364.
Usage des II est très difficile de décider si l'empire que
métaux utiles l'jlomme exerce sur les animaux, ou l'usage qu'il inconnu. . .
a su faire des métaux a le plus contribue à étendre son pouvoir. L'époque de cette importante découverte est inconnue, et dans notre hémisphère elle ne peut être que très reculée. Il n'y a que la tradition et quelques instruments grossiers de nos ancêtres \ retrouvés par hasard , qui nous apprennent que les hommes ignoraient anciennement l'usage des métaux, et tachaient d'y suppléer en employant les cailloux, les coquilles, les os et d'autres substances dures , aux mêmes usages auxquels les peuples policés font servir les métaux.
La nature complète la formation de quelques métaux : l'or, l'argent et le *uivre se trouvent purs et parfaits dans les fentes des rochers , dans le sein des montagnes, dans le lit des rivières '. Ces métaux furent donc les premiers qu'on dût connaître, et les premiers dont on fit usage. Mais le fer, qui est le plus utile de tous , et celui auquel l'homme a le plus d'obligation , ne se trouve jamais dans son étal parfait : son minerai grossier et rebelle doit être soumis deux fois à la puissance du feu, et subir deux opérations pénibles avant de devenir propre à aucun service \ L'homme a du connaître pendant
(c) Hobertson aurait àû ajouter quelquefois. (I). L. R.) (a) On pourrait opposera cette assertion ce que rapportent quelques voyageurs y. qu'on trouve à la Cochinchine du fer natif qu'on peufcforgci sans le fondre el tel qu'à est en sortant de la mine. (I). L. R.)