‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 6 sur 161 · LIVRE QUATRIEME. I y · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME. I y

du terrain , et dans tous par les énormes montagnes qui y sont répandues. Les îles de l'Amérique sous la zone torride sont ou très petites ou montagneuses, et sont rafraîchies alternativement par les brises de terre et de mer.

On ne peut pas expliquer d'une manière également satisfaisante les causes du froid excessif qui se fait sentir vers l'extrémité méridionale de l'Amérique et dans les mers qui sont au-delà. On a supposé long-temps qu'il y avait, entre la pointe méridionale de l'Amérique et le pôle antarctique, un vaste continent, auquel on a donné le nom de Terre australe inconnue. Les mêmes principes qui ont servi à expliquer l'intensité extrême du froid dans les régions septentrionales de l'Amérique, ont été employés à expliquer celui qui se fait sentir au cap Horn et dans les pays voisins. L'immense étendue du continent méridional et les grandes rivières qu'il verse dans l'Océan ont été regardées par les philosophes comme des causes suffisantes pour occasionner la sensation extraordinaire de froid, et le phénomène plus extraordinaire encore des mers glacées dans cette partie du globe \ Mais on a cherché en vain le continent imaginaire auquel on attribuait cette influence; et l'espace qu'il était censé occuper s'étant trouvé une mer entièrement ouverte, il faut avoir recours à une nouvelle hypothèse pour expli-

(r) Voyez la note 9.

ï8 HISTOIRE DE l'aMKRIQUE.

quer une température de climat si différente de celle qu'on trouve dans les pays situés à une égale distance du pôle opposé1.

Après avoir examiné ces qualités caractéristiques et permanentes du continent américain, qui naissent des circonstances particulières de sa situation et de la disposition de ses parties, le principal objet qui doit fixer ensuite notre attention, c'est l'état où était ce continent lorsqu'on en fit la découverte, relativement à ce qui dépend de l'intelligence et des opérations de l'homme. Les effets de l'industrie et du travail sont plus étendus et plus considérables que notre vanité même ne nous porte à le croire. En jetant les yeux sur la face du globe habité, on voit qu'une grande partie de la beauté et de la fertilité que nous attribuons à la main de la nature est l'ouvrage de l'homme. Ces efforts, lorsqu'ils se continuent pendant une suite de siècles, parviennent à perfectionner les qualités de la terre et à en changer même l'apparence. Comme une grande partie de l'ancien continent a été long-temps occupée par des nations fort avancées dans les arts, notre œil s'est accoutumé à voir la terre sous la forme qu'on lui a donnée; en la rendant propre à être habitée par une race nombreuse d'hommes, et à leur fournir des subsistances.

Mais dans le IN ou veau-Monde l'espèce humaine (t) Voyez la noie to.

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