LIVRE QUATRIÈME. l3c
yinces qui s'étendent à l'est du Mississipi , depuis l'embouchure du fleuve Saint - Laurent jusqu'aux confins de la Floride. Les peuples du Brésil , les habitants du Chili ? quelques tribus du Paraguay et de la Guyane, et celles qui habitent les contrées qui s'étendent depuis l'embouchure de l'Orénoque jusqu'à la péninsule de Yucatan, étaient dans le même état. Dans un aussi grand nombre de petites associations il devait y avoir sans doute quelques variétés qui marquaient des différences dans les progrès de la civilisation. Mais ce serait en vain que nous chercherions à indiquer et à énumérer ces variétés , parce qu'elles n'ont pas été observées par des hommes en état de démêler ces légères différences qui servent à distinguer , les unes des autres , les nations qui se ressemblent par leur caractère général et par leurs traits. A quelque chose près, le tableau que nous venons de tracer convient également à tous les peuples de l'Amérique qui joignaient un peu d'agriculture aux produits de la chasse et de la pêche.
Quelque imparfaites et grossières que nous paraissent ces institutions , il y avait des tribus qui avaient fait encore moins de progrès. Parmi les petites peuplades qui vivaient uniquement de la chasse et de la pêche, et qui n'avaient aucune espèce d'agriculture, l'union et le sentiment de la dépendance mutuelle entre les membres étaient si
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faibles, qu'on avait peine à découvrir dans leurs actions quelque apparence d'ordre et de gouvernement. Leurs besoins étaient peu nombreux, leurs désirs étaient bornés; ils se réunissaient en tribus distinctes , et agissaient de concert par instinct , par habitude ou par convenance , plutôt que par suite d'une association formelle. Il faut placer dans cette classe les Californiens , plusieurs des petites nations qui habitent la vaste contrée du Paraguay, quelques peuples des bords de l'Orénoque et de la rivière de Ste-Magdeleine dans le nouveau royaume de Grenade'.
Mais quoique parmi ces dernières tribus Ton aperçût à peine l'ombre d'un gouvernement régulier, et que même parmi les premières que j'ai d'abord décrites, son autorité fût resserrée dans des bornes étroites, il existait quelques endroits en Amérique où la forme du gouvernement avait acquis un degré d'amélioration qu'on n'aurait pu attendre de nations grossières. En observant les institutions politiques établies par L'homme, soit dans l'état sauvage, soit dans la civilisation, on en découvre toujours quelques-unes d'irrégulières qui contrarient l'ordre de toutes les autres , et qu'on s'efforcerait vainement de concilier avec le système général des lois et des principes qui gouvernent les
(i) VenegaBi I, 08. Lettres édif. II, 176. TYcho, Ilist. 0/ Paraguay. Churchill, 78 VT, 78. But. gén.de» J'oyages, XIV, 74.