‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 75 sur 161 · II. Il · texte numérisé non relu

II. Il

lG6 HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.

toutes les parties du Nouveau-Monde des peuples à qui cette coutume était familière. Elle était établie dans le continent méridional *, dans plusieurs des îles a et dans différents cantons de l'Amérique septentrionale 3. Même dans les pays de l'Amérique où des circonstances que nous ignorons avaient en grande partie aboli cet usage , il paraît avoir été tellement connu que l'idée en est incorporée dans les formules même du langage. Lorsque les Iroquois veulent exprimer la résolution qu'ils ont prise de faire la guerre à une nation ennemie , ils disent : Allons et mangeons cette nation. S'ils sollicitent le secours d'une tribu voisine, ils l'invitent à venir manger du bouillon fait de la chair de leurs ennemis1". Cette coutume n'était pas particulière aux peuplades les plus grossières et les moins civilisées : le principe qui y a donné naissance est si profondément enraciné dans l'ame des Américains, qu'elle subsistait au Mexique, l'un des empires polices du Nouveau-Monde, et qu'on en a découvert des traces parmi les habitants plus doux de l'empire du Pérou. Ce n'étaient point la disette des aliments comme

(i) Stadius, ap. de 13/ j, III, 12 3. Léry, iSid, 210. Biet, 3 S/,. Lettres tdif. XXIII, 34r. Piso, 8. La Condamine, 84-97. llibas, Hist. de los Triitnfos, 473.

(2) Life oj Columbiis, 529. Martyr, Decad. p. 1 8. Du Tertre, II, 4o5.

(3) Dumont, Mc'm. I, 2.54. Charlevoix, Elût, de la l\rom\ France 1, 259; //, 14 ; ///, ai. De la Potherie, III, 5o.

(4) Charlevoix , Hist. de la Nom\ France, 111, ap8, '><>(). Lettres edif. XXIll,p. 277. De la Potherie, II, «98. Venez la note 59.

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