II
l82 HISTOIRK DE i/AMÉRIQUE.
surtout dans les climats chauds , et dont la persécution serait intolérable pour des hommes entièrement nus \
Après le soin de la parure, l'objet qui doit attirer l'attention d'un sauvage est de se former quelque habitation qui puisse lui procurer un abri pour le jour, et une retraite pour la nuit. Le guerrier sauvage regarde comme un objet d'importance tout ce qui est lié avec ses idées de dignité personnelle , tout ce qui a quelque rapport à son caractère militaire; mais il voit avec la plus grande indifférence ce qui ne concerne que la vie paisible et active. Ainsi, quoiqu'il se montre fort recherché sur sa parure , il ne fait guère d'attention à l'élégance ou à la commodité de son habitation. Les peuples sauvages, trop éloignés encore de cet état de civilisation où la manière de vivre est regardée comme une marque de distinction , ne connaissant aucun de ces besoins qui ne peuvent se satisfaire que par différents genres d'industrie , règlent la construction de leurs maisons d'après leurs idées bornées du pur nécessaire. Quelques-uns des peuples d'Amérique étaient encore si grossiers et si: peu éloignés de la simplicité primitive de la nature , qu'ils n'avaient aucune espèce de cabane. Dans cet état , ils se mettent à l'abri de l'ardeur
(i)Labat, II, 7 3. Gumilla, I, 190, io>.. Rancroft, Nat. Hist. <>/ Guyana, 81 , 280.