‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 88 sur 161 · LIVRE QUATRIÈME. igi · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. igi

habituelle, et à moins qu'ils ne soient engagés dans une expédition de guerre ou de chasse , ils paraissent incapables de faire aucun effort de vigueur. L'application qu'ils mettent aux objets n'est pas assez forte pour donner l'essor à cet esprit inventif qui suggère des expédients pour abréger et faciliter le travail. Ils reviendront chaque jour à leur tâche ; mais tous les moyens qu'ils ont pour l'achever sont fastidieux et pénibles '. Même depuis que les Européens leur ont communiqué la connaissance de leurs instruments et leur ont appris à imiter leurs arts , le caractère propre des Américains se marque encore dans tout ce qu'ils font. Ils peuvent mettre de la patience et de l'assiduité au travail ; ils savent copier avec une exactitude servile et minutieuse; mais ils montrent peu d'invention et toujours une grande lenteur. Malgré l'instruction et l'exemple , l'esprit de ce peuple prédomine ; leurs mouvements sont naturellement pesants, et il est inutile de les presser d'accélérer leur marche. un ouvrage d'Indien est une expression familière parmi les Espagnols d'Amérique pour exprimer tout ce dont l'exécution a demandé beaucoup de temps et de travail \

VII. Il n'y a aucune circonstance dans la des- Religion des cription des peuples sauvages qui ait excité une Aménca,ns

(i) Voyez la note 7 3.

(V Ulloa; Voy. /, 335. Lettres édif. XV, 348.

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plus grande curiosité que leurs opinions et leurs pratiques religieuses; et il n'y en a point peut-être qu'on ait plus mal entendues ou représentées avec moins de fidélité. Les prêtres et les missionnaires sont les personnes qui ont eu le plus d'occasion de suivre cette recherche parmi les tribus de l'Amérique les moins civilisées ; mais leur esprit , prévenu des dogmes de leur propre religion et accoutumé à ses institutions , est toujours porté à découvrir dans les opinions et les rites de tous les peuples quelque chose qui ressemble à ces objets de leur vénération. Ils ne voient les objets qu'à travers un milieu qui en altère la forme. Ils cherchent à concilier avec leur propre croyance les institutions qu'ils observent, non à les expliquer conformément aux idées grossières du peuple même à qui elles appartiennent. Ils attribuent à ce peuple des idées qu'il est incapable d'avoir, et le supposent instruit de principes et de faits dont il est impossible qu'il ait la connaissance. De là quelques missionnaires ont cru découvrir, même chez les nations les plus barbares de l'Amérique , des traces non inoins claires que surprenantes d'une connaissance distincte des mystères sublimes et des institutions particulières du christianisme. En interprétant arbitrairement certaines expressions et certaines cérémonies, ils en ont conclu que ces nations avaient quelque connaissance de la doctrine de la Trinité,

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