LIVRE QUATRIÈME. ig
de l'Incarnation du fils de Dieu , de son sacrifice expiatoire , de la vertu de la croix et de l'efficacité des sacrements *. On sent que des guides si crédules et si peu éclairés ne méritent guère de confiance.
Mais lors même que nous choisirons avec le plus grand soin nos autorités , il ne faut pas les suivre avec une foi implicite. Toute recherche dans les notions religieuses des peuples sauvages est enveloppée de difficultés particulières, et il faut souvent s'arrêter pour séparer les faits qu'on rapporte d'avec les raisonnements dont ils sont accompagnés, et les théories qu'on en veut déduire. Plusieurs écrivains pieux ? plus frappés de l'importance du sujet dont ils s'occupaient, qu'attentifs à l'état du peuple dont ils cherchaient à découvrir les sentiments, ont employé beaucoup de travail inutile à des investigations de ce genre \
Il y a deux points fondamentaux sur lesquels est Bornée à
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établi le système entier de la religion , autant qu'on en peut juger par les seules lumières de la nature. L'un regarde l'existence d'un Dieu , l'autre l'immortalité de l'ame. C'est un ohyet non-seulement de curiosité , mais aussi d'instruction , que d'examiner quelles étaient les idées des naturels de l'Amérique
(i) Venegas, I, 88, 92. Torquemada, II, 445. Garcia, Origin. 122. H errera, Decad. IV, Ub. IX, cap. 7; Decad. V, lib IV, cap. 7. (2J Voyez la note 74.
1C)4 IHSTOJRE DE L1 AMÉRIQUE.
sur ces points importants. Je bornerai mes recherches à ces deux articles , laissant à d'autres l'examen des opinions subordonnées et le détail des superstitions locales.
Existence Quiconque a eu occasion d'observer les opinions de Dieu. religieuses des hommes des dernières classes de la société, même chez les nations les plus éclairées et les plus civilisées, trouvera que leur système de croyance leur a été communiqué par l'instruction, et n'est point le fruit de leurs propres recherches. Cette nombreuse partie du genre humain condamnée au travail, dont l'occupation principale et presque unique est de s'assurer une subsistance, considère sans beaucoup de réflexion le plan et les opérations de la nature, et n'a ni le loisir, ni la capacité d'entrer dans ces spéculations subtiles et compliquées qui conduisent à la connaissance des principes de la religion naturelle. Dans les premiers périodes de la vie sauvage, de pareilles recherches sont absolument inconnues. Quand les facultés intellectuelles commencent seulement à se développer, et que leurs premiers efforts se portent sur un petit nombre d'objets de première nécessité, quand l'esprit n'est pas assez étendu pour se former des idées générales et abstraites, quand le langage est tellement borné qu'il manque de mots pour distinguer tout ce qui n'affecte pas quelques-uns des sens, il sérail absurde de prétendre