‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 94 sur 161 · LIVRE QUATRIÈME 2o · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME 2o

qui est à la fois la preuve la plus forte de la croyance des Américains à une vie à venir , et l'explication la plus claire de ce qu'ils espèrent y trouver. Comme ils imaginent que les morts vont recommencer leur carrière dans le nouveau monde où ils sont allés, ils ne veulent pas qu'ils y entrent sans défense et sans provisions ; c'est pour cela qu'on enterre avec eux leur arc , leurs flèches et les autres armes employées dans la chasse et dans la guerre ; on dépose dans leur tombeau des peaux et des étoffes propres à faire des vêtements , du blé d'Inde , du manioc , du gibier , des ustensiles domestiques et tout ce qu'on met au nombre des choses nécessaires à la vie '. Dans quelques provinces , lorsqu'un cacique ou chef venait à mourir , on mettait à mort un certain nombre de ses femmes, de ses favoris et de ses esclaves, qu'on enterrait avec lui, afin qu'il pût se montrer avec la même dignité et être accompagné des mêmes personnes dans son autre vie \ Cette persuasion est si profondément enracinée , qu'on voit plusieurs des personnes attachées à un chef s'offrir en victimes volontaires ,

(i) Chronica de Cieça de Léon, cap. 28. Sagard, 288. Creuxii, Hist. Canacl. p. 91. Rochefort, Hist des Antilles, 568. Biet, 3o,r. De la Potherie, II, 44; Ul, 8. Blanco, Convers. de Piritu, pag. 35.

(2) Dumont, Mémoiresur la Louisiane, I, 208. Oviedo, lia. V, cap. 3. Gomara, Hist. gen. cap. 28. P. Martyr, Decad. 3 04. Charlevoix, Hist. de la Nom: Fr. III, 421. Herrera, Decad. I, lib. III, cap. 3. P. Melchior Hernandez, Memor. de Chiriaui, Collcct. Orig. papers, I , Chron, de Cieça de Léon, cap. 33.

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et solliciter comme une grande distinction le privilège d'accompagner leurs maîtres au tombeau. Il y a même des occasions où l'on avait de la peine à réprimer cet enthousiasme d'affection et de dévouement, et à réduire le cortège d'un chef chéri à un nombre modéré et tel que la tribu n'en souffrît pas un dommage trop considérable'.

Superstition Chez les Américains, ainsi que chez les autres hee avec la nations non civilisées , plusieurs des rites et des pratiques qui ressemblent à des actes de religion n'ont rien de commun avec la piété, et sont l'effet seulement d'un désir ardent de pénétrer dans l'avenir. C'est lorsque les facultés intellectuelles sont plus faibles et moins exercées que l'esprit humain est plus porté à sentir et à montrer cette vaine curiosité. Etonné des événements dont il est impossible de concevoir la cause, il suppose naturellement quelque chose de merveilleux et de mystérieux : alarmé d'un autre côté par des circonstances dont il ne peut prévoir la suite et les effets , il est obligé , pour les découvrir, d'avoir recours à d'autres moyens qu'à l'exercice de sa propre intelligence. Partout ou la superstition a fait assez de progrès pour former un système régulier, ce désir de percer dans les secrets de l'avenir se trouve lié avec elle. Alors la divination devient un acte religieux ; les prêtres, comme ministres du ciel, prétendent annoncer ses or;>-

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