‹ Histoire de l'Amérique (volume 3)Chapitre 96 sur 161 · LIVRE QUATRIÈME. 2<X · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. 2<X

chimériques ou à se bercer d'espérances imaginaires, ils inspiraient aisément une aveugle confiance dans la vertu de leurs enchantements et dans la certitude de leurs prédictions ' .

Lorsque les hommes ont une fois reconnu la réa- Lasnpersti lité d'une puissance surnaturelle qui agit dans cer- tlon setend

1 D par degrés.

tains cas , ils sont aisément portés à la reconnaître dans d'autres. Les Américains ne supposèrent pas long-temps que l'efficacité des conjurations fût bornée à un seul objet : ils y eurent recours dans toutes les situations de danger ou de malheur. Lorsqu'ils éprouvaient des désastres à la guerre; lorsqu'ils étaient contrariés dans leur chasse par des contretemps imprévus ; lorsque les inondations ou la sécheresse menaçaient leurs moissons , ils appelaient leurs magiciens et leur faisaient commencer leurs enchantements pour découvrir la cause de ces calamités, ou pour prédire quelle en serait l'issue 2. Leur confiance dans cet art chimérique s'augmenta par degrés et se manifesta dans toutes les circonstances de la vie : chaque individu qui se trouvait dans quelque embarras ou qui voulait s'engager dans quelque entreprise importante , ne manquait pas de consulter

(tj Herrera, Decad. I, llb. 111, cap. 4. Osborn's Collcct. II, 860. Dumont, I, 169. Charlevoix, Hist. de la Nouv. Fr. III, 36r, 364. Lawson, Nouv. Caroline. 214. Ribas, Triunfus , p. 17. Biet, 386. De la Patherie, II, 35.

(9.) Charlevoix, Hist. de la Nouv. France, III, 3. Dumonî, I, 173, Fernandez, Relat. de los Chiquit.p. 40. Lozano, 84. Margrave, 279.

2io histoirl; du l'amkriquk.

le sorcier et de diriger sa conduite sur les instructions qu'il recevait. C'est sous cette forme que la superstition se montre chçz les peuples les plus sauvages de l'Amérique ? et la divination y est un art entouré de la plus haute estime. Long-temps avant que l'homme ait porté la connaissance d'une divinité jusqu'au point qui inspire le respect et conduit à un culte , nous le voyons lever une main présomptueuse pour écarter le voile salutaire sous lequel la Providence a voulu cacher ses desseins aux regards des humains ; nous le voyons s'efforçant avec une vaine inquiétude de percer les mystères de l'administration divine. C'est une preuve des progrès et de la maturité de l'esprit humain , que de reconnaître et d'adorer une puissance modératrice de l'univers; mais le vain désir de pénétrer dans l'avenir n'est qu'une erreur de son enfance et une preuve de sa faiblesse.

C'est à cette même faiblesse qu'il faut attribuer la confiance des Américains dans les songes, leur soin d'observer les présages , leur attention au ramage des oiseaux et aux cris des animaux; ils regardent toutes ces circonstances comme des indications d'événements futurs, et si quelques-uns de ces pronostics leur paraissent défavorables , ils renoncent aussitôt à l'entreprise qu'ils venaient de former avec le plus d'ardeur '.

'i) Charte voix. Hist. </<- hi Nom. France, III, 26?., 353» Stadiua, «/>.

la danse.

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