II. I
des fêtes et des plaisirs; et comme les peuples grossiers ne connaissent point la délicatesse des sentiments , et ne sont point accoutumés à déguiser les émotions de leur arac, leurs danses sont souvent licencieuses et indécentes. Telle est la Calenda pour laquelle les naturels d'Afrique sont si passionnés ' : telles sont les danses des jeunes filles d'Asie, qui semblent exciter tous les désirs de la volupté dans ceux qui en sont témoins. Mais chez les Américains , qui , par des causes qu'on a déjà expliquées, sont plus froids et plus indifférents pour les femmes, les idées d'amour n'entrent que très peu dans leurs fêtes et leurs divertissements. Leurs chansons et leurs danses sont pour la plupart graves et martiales, liées avec quelques-unes des affaires les plus sérieuses et les plus importantes de leur vie2; et comme elles n'ont aucune relation avec l'amour ou la galanterie , elles sont rarement communes aux deux sexes , et s'exécutent par les hommes et les femmes à part 3. Si dans quelques occasions il est permis aux femmes de se joindre à la fête , le caractère des danses reste le même , et
Ci) Arianson, Voyage au Sénégal , part. III, 287. Labat , Voyages, IF, 463. Sloane, Nat. Hist. of Jamaïca, Introd. p. 48. Fermiii, Descr. de Surinam, I, i3o,.
(2) Descr. de la Nom. Fr. Osborn's Collect. Il, 883. Charlevoix , lit st. de la Nouv. Fr. III, 84.
(3) Wafer's Account of lsthmus, 169. Lery , op. de Hry, III, 177. Lôzano, Hist. de Paraguay, I, iï<). H tirera, Decad. II, lih. VU, cap. S; Decad. IJ\ lib. X, cap. 4. Voyez la note 78.