PREFACE. XIX
spective d'un semblable trésor excita en moi la curiosité la plus ardente , mais je n'ai joui que de la perspective.
L'Espagne , par un excès de précaution , a constamment jeté un voile sur ses opérations en Amérique. Elle les cache aux étrangers sur-tout avec un soin particulier- Les archives de Simancas ne sont pas ouvertes, même aux nationaux, sans un ordre exprès de la cour ; et , après l'avoir obtenu , on ne peut pas copier des papiers sans payer des frais de bureau si exorbitants , que la dépense excède les sacrifices qu'on peut faire à une simple curiosité littéraire. Il faut espérer que les Espagnols sentiront un jour que cet esprit mystérieux est aussi contraire à la bonne politique qu'à la générosité. D'après ce que j'ai appris dans le cours de mes recherches , je suis persuadé que si l'on pouvait approfondir plus en détail les premières opérations de l'Espagne dans le Nouveau- Monde , quelque répréhensibles que pussent paraître les actions des individus , la conduite de la nation se montrerait sous un jour beaucoup plus favorable.
J'ai trouvé dans les autres parties de l'Europe des dispositions bien différentes . Après avoir fait chercher sans succès en Espagne une lettre de Cortès à Charles- Quint, écrite peu de temps après son débarquement dans l'empire du Mexique, et qui n'a pas encore été publiée , il me vint dans l'idée que cet empereur étant près de partir pour l'Allemagne dans le temps que les députés de Gortez arrivèrent en Europe , il était possible que la lettre dont ils étaient chargés se fût