‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 110 sur 174 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

l'ordre, de la tranquillité et d'un gouvernement 1499 régulier \

En conséquence de cet accord avec les mutins, Nouveaux on donna des terres à chaque colon en différentes arrangements

1 , pour l'etablis-

parties de l'île, et l'on imposa aux Indiens de chaque sèment des codistrict l'obligation de cultiver une certaine quan- lonstité de terrain pour leurs nouveaux maîtres. Ce travail fut substitué au tribut qu'on avait d'abord exigé. Mais , quelque nécessaire que pût être ce règlement dans une colonie encore faible, il fut pour ce malheureux peuple la source de calamités sans nombre et des plus cruelles oppressions , en introduisant dans tous les établissements espagnols les repartimientos ou répartitions d'Indiens 2. Ce ne fut pas même le seul effet funeste de la révolte de l'Espagnola. Elle empêcha encore Colomb de poursuivre ses découvertes sur le continent ; car sa propre sûreté l'obligea de garder près de lui son frère PAdelentade et les gens de mer qu'il aurait pu employer à cette expédition. Aussitôt que l'état des affaires le lui permit, il envoya quelques-uns de ses vaisseaux en Espagne, avec un journal de son dernier voyage , une description des nouvelles contrées qu'il avait découvertes, une carte de la cote le long de laquelle il avait navigué, et des échantillons de l'or, des perles et des autres productions curieuses

(1) Herrera, Dccacl. I, llb. III, cap. i3, 14. Vlcde Colomb, cliap. 80, etc. (1) Herrera, Decad, I, lib. III \ cap. t4, etc.

l88 HISTOIRE DE ^AMERIQUE.

Vm ou précieuses qu'il avait eues par échange des naturels du pays. En même temps il fît passer à la cour un récit de la révolte de l'Espagnola, dans lequel il accusait les mutins, non-seulement d'avoir excité dans la colonie des troubles qui pouvaient entraîner sa ruine, mais d'avoir mis obstacle à toutes les mesures qu'on aurait pu prendre pour pousser les découvertes plus loin. Il proposait différents règlements propres à perfectionner le gouvernement de l'île et à étouffer l'esprit de sédition qui, quoique suspendu dans le moment actuel, pouvait se rallumer avec plus de fureur. Roldan et ses associés ne négligèrent pas de leur coté d'envoyer, par les mêmes vaisseaux, l'apologie de leur conduite et leur récrimination contre 1 amiral et ses frères; et, malheureusement pour l'honneur de l'Espagne et pour le bonheur de Colomb, ils obtinrent plus de confiance auprès de Ferdinand et d'Isabelle, que l'amiral luimême '.

V JcoT Ga- ^^ ' aVant Je faire connaître le* effets que promaa»xeind^dmsitcettePrévention de la cour d'Espagne, nous orientes par devons tourner l'attention du lecteur sur d'autres

lecapdeRon- ' ' / i .

ne-Espéranee. cvcriements également intéressants par eux-mêmes et par leur liaison avec l'histoire du Nouveau-Monde. Pendant que Colomb poursuivait ses différents voyages à l'ouest, la passion des découvertes se sou-

(OHerrera, Decad. 1, ht,, 111, cap. *r. Benzon, Hîst. M*. Or/, lin. /, cap. ?..

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