‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 114 sur 174 · LIVRE SECOND. IQ · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. IQ

Peu de temps après, Vincent Yanez Pinson , un des 1 500 compagnons de Colomb dans son premier voyage, Ymee de partit de Palos avec quatre vaisseaux. Il fit voile droit Yanez Pinson. au sud, et fut le premier Espagnol qui se hasarda à passer la ligne. Il ne paraît pas avoir pris terre en aucun endroit de la cote de l'Amérique par-delà l'embouchure duMaragnon, appelé autrement la rivière des Amazones. Tous ces navigateurs adoptaient la fausse théorie de Colomb , et croyaient que les pays découverts étaient une partie du grand continent de l'Inde1.

Dans le cours de la première année du seizième Les Portusiècle, cette belle partie de l'Amérique, le Brésil, dont ^'ais , eco,l~

r n 7 vrent le Bre-

Pinson s'était approché de si près sans y toucher 2, sii. fut entièrement découvert. Le succès du voyage de Gamaaux Indes orientales ayant encouragé le roi de Portugal à armer une flotte assez puissante, non-seulement pour ouvrir un commerce avec ces riches contrées, mais pour y tenter quelque conquête, il en donna le commandement à Pierre Alvares Cabrai. Celui-ci, voulant s'éloigner de la cote d'Afrique pour éviter des vents de terre variables ou des calmes fréquents qui pouvaient retarder son voyage ou sa navigation , porta au large et s'avança tellement à

(i) Herrera , Decad. 1, lib. IV. cap. 6. P. Martyr. Decacl. , p. 95.

(2) Vincent Yanez Pinson avait non-seulement vu de près le Brésil , mais il avait débarqué sur ses côtes au mois de janvier i5oo, avait soutenu des combats contre les naturels , etc., etc. Herrera , Decad. I , cap. 6,/>.ro7.(D.L.E.)

1500 l'ouest, qu'à sa grande surprise il trouva une terre inconnue située sous le dixième degré au-delà de la ligne. Il imagina d'abord que c'était quelque île de l'océan Atlantique qui n'avait pas été encore visitée ; mais en suivant la côte pendant plusieurs jours , il fut conduit à croire qu'un pays si étendu faisait partie de quelque grand continent, et cette conjecture fut reconnue être juste. Cette terre était la partie de l'Amérique méridionale connue aujourd'hui sous le nom de Brésil. Il y toucha, et s'étant formé une idée très avantageuse de la fertilité du sol et de la beauté du climat , il en prit possession au nom du Portugal , et dépêcha un vaisseau à Lisbonne pour y porter la nouvelle de cet événement aussi intéressant qu'inattendu1. La découverte du Nouveau-Monde par Colomb avait été le fruit d'un génie actif, éclairé par la théorie et guidé par l'expérience , suivant un plan régulier et l'exécutant avec autant de courage que de persévérance; mais l'aventure des Portugais nous montre que le hasard seul aurait pu amener ce grand événement dont l'esprit humain se glorifie aujourd'hui comme de son ouvrage. Si la sagacité de Colomb ne nous avait pas fait connaître l'Amérique, quelques années plus tard un heureux hasard nous y aurait conduits \ intrigues Pendant que l'Espagne et le Portugal faisaient

(1) Herrera, Decad. I, lib. IV ', cap. 7. (1) Herrera , Decad. I, lib. VII, cap. 5.

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