‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 121 sur 174 · LIVRE SECOND. '21 I · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. '21 I

quillité et la prospérité de la colonie dont Colomb 4502

était le fondateur, il était réduit aux soins humi- DeSoûtsPour

Colomb, liants de solliciter auprès d'une cour ingrate ; et ,

malgré son mérite et ses services, il sollicitait en vain. Il demandait , aux termes de la convention de i492? d'être rétabli dans son office de vice-roi des contrées qu'il avait découvertes. Malheureusement pour lui , la circonstance qui parlait le plus fortement en faveur de ses droits était précisément celle qui déterminait le jaloux monarque à les méconnaître. En considérant l'étendue de ces riches contrées et l'importance qu'elles acquéraient de jour en jour , Ferdinand regardait les concessions faites à Colomb comme excessives et contraires à la bonne politique. Il craignait de confier à un sujet une autorité qui paraissait déjà si étendue et qui pouvait devenir formidable. Il fit passer ses craintes dans l'esprit d'Isabelle , et , sous différents prétextes également frivoles et injustes, ils éludèrent l'exécution d'un traité solennel qu'ils avaient signé l'un et l'autre. Après avoir consumé deux ans en humbles sollicitations , Colomb comprit qu'il lui serait impossible de vaincre les préventions de Ferdinand, et que ce serait désormais en vain qu'il réclamerait auprès d'un monarque aussi intéressé qu'ingrat les droits de la justice et des services rendus. Ces injustices , loin de le décourager, ne l'empêchèrent pas de suivre le grand objet qui avait mis

4 502 son génie en activité, et qui .l'avait déjà conduit à il forme de ses découvertes. Son projet favori avait toujours

nouveaux pro- . .

jeis de décou- été d ouvrir une nouvelle route aux Indes orientales.

vertes. jj en était encore uniquement occupé. Ses observa-

tions dans son voyage à Paria . quelques indications obscures qu'il avait reçues des Indiens de cette cote , ou peut-être aussi quelques circonstances du récit de l'expédition de Bastidas et de la Cosa, semblaient l'autoriser à croire que par-delà le continent de l'Amérique il y avait une mer qui s'étendait jusqu'aux Indes orientales, et qu'il pourrait trouver quelque détroit ou quelque isthme par lequel il serait facile d'établir une communication entre cette mer encore inconnue et l'ancien Océan. Il conjecturait très heureusement que ce détroit ou cet isthme était situé près du golfe de Darien. Plein de cette idée, on le vit, quoique déjà avancé en âge et accablé d'infirmités, s'offrir avec l'ardeur d'un jeune aventurier à entreprendre un nouveau voyage, dans la vue de vérifier cette conjecture et d'accomplir ainsi le grand projet qu'il avait toujours voulu exécuter. Les circonstances étaient favorables pour lui faire obtenir de Ferdinand et d'Isabelle les secours nécessaires à cette expédition. Ils étaient bien aises d'avoir un prétexte honorable pour éloigner de la cour, en l'employant, un homme dont la politique ne leur permettait pas d'accueillir les demandes, et dont il eût été indécent de méconnaître les services. Sans vouloir récompen-

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