‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 122 sur 174 · LIVRE SECONJ>. ai · texte numérisé non relu

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ser Colomb, ils connaissaient son mérite, et l'expé- 1502 rience qu'ils avaient faite de ses talents et de sa conduite était pour eux une raison suffisante de prendre confiance en ses nouvelles conjectures et d'espérer qu'elles se réaliseraient. Une dernière considération très puissante se joignait à celles-là. La flotte portugaise , conduite par Cabrai , venait d'arriver des Indes \ et la richesse de ses retours donnait aux Européens des idées plus justes que celles qu'ils avaient pu avoir jusqu'alors de la richesse et de la fertilité de ces régions. Les Portugais avaient été plus heureux dans leurs découvertes que les Espagnols. Les pays auxquels ils venaient de s'ouvrir un chemin étaient florissants par l'industrie et les arts; le commerce y était établi depuis long-temps et porté plus loin qu'en aucune autre contrée. Les Portugais , dès leurs premiers voyages , purent en rapporter des marchandises précieuses et recherchées , et dont le débit en Europe leur offrait des bénéfices aussi prompts que considérables. Lisbonne devint le centre du commerce et de ta richesse , tandis que l'Espagne n'avait que la perspective des avantages éloignés qu'elle pouvait retirer un jour des Indes occidentales. Rien ne pouvait donc êtreplus agréable aux Espagnols que l'offre que leur faisait Colomb de les conduire en Orient par une route qu'il imaginait devoir être plus courte et moins dangereuse que celle des Portugais. Ferdinand même, séduit par cette espérance, montra

^502 beaucoup d'ardeur pour l'exécution de ce projet. Son quatriè- Malgré les avantages que la nation pouvait attendre de cette entreprise, Colomb ne put cependant obtenir que quatre petits bâtiments, dont les plus grands n'étaient pas de plus de soixante - dix tonneaux. Accoutumé à braver le danger et à tenter de grandes cboses avec de faibles moyens , il n'hésita pas à prendre le commandement de cette misérable escadre. Son frère Barthélemi et Ferdinand , son second fils, l'historien de ses actions , l'accompagnèrent. Il partit de Cadix le 9 mai ', et toucha, suivant l'usage , aux Canaries. De là il se proposait de faire voile directement au continent de l'Amérique } mais son plus grand bâtiment marchait si mal et était en si mauvais état , qu'il fut forcé de toucher à l'Espagnola, dans l'espérance qu'il pourrait l'échanger avec quelqu'un des vaisseaux de la flotte qui avait transporté Ovando. A son arrivée à la rade de Santo- 29 !««»• Domingo, il trouva dix-huit de ces vaisseaux déjà chargés et sur le point de partir pour l'Espagne. Colomb instruisit le gouverneur de l'objet de son voyage et de l'accident qui l'avait obligé de changer sa route; et il demanda la permission d'entrer dans le havre, non-seulement afin de pouvoir négocier l'échange de son vaisseau, mais encore pour s'y mettre

(1) Ce fut seulement le n mai iSoî que Christophe Colomb mit à la voile de Cadix , d'après la relation de ce quatrième voyage , faite par Diego Porras qui avait accompagné l'amiral , cl que M. de Navarretc a insérée dans sa Collection des voyages ci découvertes des Espagnols, etc. ( D. L. 11. )

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