‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 134 sur 174 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

ment du seizième siècle jusqu'à ce moment. On vit 1500 des colons faire tout à coup des fortunes immenses , et d'autres dissiper aussi rapidement par une fastueuse profusion les richesses qu'ils avaient amassées avec tant de facilité. Attirés par cet exemple, de nouveaux aventuriers se portèrent en foule en Amérique , impatients de partager les trésors qui enrichissaient leurs compatriotes , et la colonie continua de s'accroître malgré la mortalité qu'y occasionnait l'insalubrité du climat l .

Ovando gouvernait les Espagnols avec une sagesse Progrès de et une justice peut-être égales à la cruauté avec la- lacolomequelle il traitait les Indiens. Il établit des lois équitables, et en les faisant observer avec impartialité il accoutuma la colonie à les respecter. Il fonda plusieurs villes nouvelles en différentes parties de l'île, et y attira des habitants par la concession de divers privilèges. Il chercha les moyens de tourner l'attention des Espagnols vers quelque branche d'industrie plus utile que l'exploitation des mines. Quelques cannes à sucre ayant été apportées des îles Canaries , dans la vue seulement de faire une expérience, la richesse du sol et la fertilité du climat parurent si favorables à cette culture qu'on songea bientôt à en faire un objet de commerce. On vit se former de vastes plantations ; on établit des moulins à sucre , que les Espagnols appelaient ingeniose , à cause de

(i) Herrera , Decad. /, lib, VI, cap. i8 , etc.

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4506 leur mécanisme complique; enfin en peu d'années la fabrication de cette denrée fut la principale occupation des habitants de l'Espagnola et la source la plus abondante de leur richesse l .

Les sages mesures que prenait Ovando pour accroître la prospérité de la colonie furent puissamment secondées par Ferdinand. Les sommes considérables que ce prince recevait du Nouveau-Monde lui ouvrirent enfin les yeux sur l'importance de ces découvertes ? qu'il avait jusqu'alors affecté de regar-

4 507 der avec dédain. Il était parvenu, par son habileté et par des circonstances heureuses ? à surmonter les embarras où l'avaient jeté la mort d'Isabelle et des disputes avec son gendre pour le gouvernement des états de cette princesse \ Il employa le loisir dont il jouissait à s'occuper des affaires de l'Amérique; c'est à sa prévoyance et à sa sagacité que l'Espagne doit plusieurs des règlements qui ont formé par degrés ce système de politique profonde, mais jalouse, par lequel elle gouverne ses domaines dans le Nouveau- Monde. Il établit un tribunal, connu sous le titre de Casa de contratacion ou Bureau de commerce, composé d'hommes distingués par leur rang et par leurs talents, à qui il confia l'administration des affaires américaines. Ce bureau s'assemblait régulièrement à Séville et exerçait une juridiction particu-

(i) Oviedo, lib.IV, cap. $,pag. 6, etc. (2) Histoire du règne de Charles-Quint.

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