LIVRE TROISIÈME
que, d'après quelques indications et le témoignage 4508 des habitants, il eut lieu d'espérer qu'on pourrait découvrir des mines d'or dans les montagnes, Ovando lui permit d'essayer un établissement dans l'île ; ce qui fut exécuté sans peine par Ponce de Léon, dont la prudence égalait le courage. En peu d'années Porto-Rico fut soumis au gouvernement espagnol ; les naturels réduits en servitude furent traités avec la même rigueur imprudente que ceux de l'Espagnola , et la race des premiers habitants , épuisée par les fatigues et les souffrances, fut cntièremen! exterminée1.
Vers le même temps , Jean Diaz de Solis , de concert avec Vincent Yanez Pinson , un des pre miers compagnons de Colomb, fit un voyage au continent. Ils suivirent jusqu'à l'île de Guanaios là même route que Colomb avait prise; mais , tournant de la à l'ouest, ils découvrirent une nouvelle el vaste province connue depuis sous le nom de Yucatan , et longèrent une grande partie de la cote de ce pays3. Quoique cette expédition n'ait été marquée par aucun événement mémorable, elle mérite qu'on en fasse mention, parce qu'elle conduisit à des découvertes de plus grande importance. Ces!
(r)Herrera , Decad. I, llb. Fil, cap. t-4. Gomara, flist. cap. 4/,. Rclaciun de B. de Las Casas , pa°\ 10.
(•>.) Cette découverte fut faite eu r .'ï o 7 . (D. L. R.) (3) Herrera, Decad. /, lib. VI, cap. 17.
>l[\f\ HISTOIRE DE L'AMÉRIQUE.
1508 pour la même raison qu'on doit rappeler le voyage de Sébastien de Ocampo. 11 fut chargé par Ovando de faire le tour de Cuba , et il reconnut le premier avec certitude que ce pays, regardé autrefois par Colomb comme une partie du continent, n'était qu'une grande île \ Diego Co- Cette expédition autour de Cuba fut un des derme couver n*ers incidents du gouvernement d'Ovando. Depuis neurdel'Es- la mort de Colomb, don Diego, son fils, ne cessait iiagno a' de solliciter Ferdinand de lui accorder les charges de vice-roi et d'amiral dans le Nouveau-Monde , avec tous les privilèges et les bénéfices dont il devait hériter en conséquence de la capitulation primitive faite avec son père. Mais si ces dignités et les revenus qui y étaient joints avaient paru si considérables à Ferdinand qu'il n'avait pas craint de passer pour injuste et ingrat en les ôtant à Colomb , il n'est pas surprenant qu'il fût alors peu disposé à les accorder au fils. Aussi don Diego consuma deux années entières en de vaines et continuelles sollicitations. Fatigué de l'inutilité de ses démarches , il tenta enfin de se procurer par une sentence légale ce qu'il ne pouvait obtenir de la faveur d'un prince intéressé. Il intenta une action contre Ferdinand devant le conseil chargé d'administrer les affaires de l'Inde ; et ce tribunal, avec une intégrité bien honorable pour ceux qui le composaient, rendit un jugement contre le
(0 Honora, Dec cul. III, lib. VU, cap, t.