‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 138 sur 174 · LIVRE TROISIÈME. lf · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. lf

roi, et confirma les droits de don Diego à la vice- 450.8 royauté et aux autres privilèges stipulés dans la capitulation. Malgré ce décret la répugnance que devait avoir Ferdinand à mettre un sujet en possession d'une autorité si considérable aurait pu faire naître de nouveaux obstacles, si don Diego n'avait pas trouvé un moyen d'intéresser des personnes très puissantes au succès de ses prétentions. La sentence du conseil des Indes lui donnait droit à un rang si élevé et à une si haute fortune qu'il lui fut aisé de conclure un mariage avec dona Maria, fille de don Ferdinand de Tolède, grand commandeur de Léon et frère du duc d'Albe , grand du royaume de la première classe, et allié de près au roi. Le duc et sa famille épousèrent avec tant de chaleur la cause de leur nouvel allié que Ferdinand ne put résister à leurs sollicitations. Il rappela Ovando et nomma pour 4509 lui succéder don Diego; mais, même en lui accordant cette faveur, il ne put pas cacher sa jalousie; car il lui permit seulement de prendre le titre de gouverneur, non celui de vice-roi, quoique le conseil eût décidé que ce dernier titre appartenait à don Diego1.

Il partit bientôt pour l'Espagnola, accompagné de rl se rend son frère, de ses oncles, de sa femme, qui, par la a sPa°noa* courtoisie des Espagnols , fut honorée du titre de vice-reine, et d'un cortège nombreux de personnes de

(1) Herrera, Decad, I, llb. VII, cap. 47.

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4 509, l'un et de l'autre sexe, nées de familles distinguées. Don Diego vécut avec une magnificence et un faste inconnus jusqu'à ce jour dans le Nouveau-Monde, et la famille de Colomb parut enfin jouir des honneurs et des récompenses que son génie créateur avait si bien mérités , et dont il avait été si cruellement privé. La colonie elle-même acquit un nouvel éclat par l'arrivée de ces nouveaux habitants d'un caractère et d'un rang supérieur à celui de presque tous ceux qui avaient passé jusqu'alors en Amérique; plusieurs des familles les plus illustres établies dans les colonies espagnoles sont descendues des personnes qui avaient accompagné don Diego Colomb à cette époque ' .

Ce changement de gouverneur ne fut d'aucune utilité pour les malheureux habitants. Don Diego fut non-seulement autorisé par un édit royal à continuer les repartimientos ou les distributions d'Indiens \ mais on spécifia même le nombre précis qu'il pouvait en accorder à chaque personne, selon le rang qu'elle avait dans la colonie. Il se prévalut de cette permission; et, bientôt après son débarquement à Santo- Domingo, il partagea entre ses parents et les Espagnols qui l'avaient suivi ceux des Indiens qui n'avaient encore été destinés à personne2.

(i) Oviedo, /. ///, cap. t.

{->.) Recopilacion de Lcrcs, l'ib.VL lit. S, ////. /, 11. Honora, Decad. f, lib. f III, cap. i<>

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