LIVRE TROISIÈME. 2D
cette île vaste et fertile à la monarchie espagnole1. 4 54 2
La facilité avec laquelle s'exécuta une conquête si eccmveite importante servit d'aiguillon pour former d'autres entreprises. Jean Ponce de Léon J qui avait acquis de la gloire et de la fortune par la réduction de Porto- Rico , était impatient de s'engager dans quelque expédition nouvelle. Il équipa à ses frais trois vaisseaux pour aller tenter des découvertes % et sa réputation attira bientôt à sa suite un corps nombreux d'aventuriers. Il dirigea sa route vers les îles Lucayes j et , après avoir touché quelques-unes de ces îles ? ainsi qu'à celles de Bahama , il cingla au sud-ouest et découvrit un pays que les Espagnols ne connaissaient pas encore , et auquel il donna le nom de Floride , soit parce qu'il le reconnut le jour du dimanche des rameaux 7 soit à cause de l'aspect agréable que lui offrit le pays même. Il essaya de débarquer en différents endroits ; mais l'opposition vigoureuse qu'il éprouva de la part des habitants ? qui étaient féroces et guerriers ? lui fit sentir la nécessité d'avoir des forces plus considérables pour y former un établissement. Content d'avoir ouvert une communication
district de Cuellar, fut obligé de venir à son secours avec un corps d'archers , pour le secourir contre les Indiens qui le poursuivaient vivement. ( D. L. R, )
(i) Herrera, Decad. I, lib. IX, cap. 2,3, etc. Oviedo , lib. XVII \ cap. 3 , pag. 179.
(2) Ponce de Léon partit du port Saint-Germain , dans l'île de Porto- Rico, le icr mars i5i2. (D.L.R.)
4 51 2 avec mi pays nouveau , sur la richesse et l'importance duquel il fondait de grandes espérances, il retourna à Porto-Rico par le canal connu aujourd'hui sous le nom de golfe de la Floride.
Ce ne fut pas seulement le désir de découvrir des contrées nouvelles qui engagea Ponce de Léon à entreprendre ce voyage ; il y fut déterminé aussi par une de ces idées chimériques qui se mêlaient alors à l'esprit de conquête et y donnaient plus d'activité. Il y avait parmi les habitants de Porto-Rico une tradition établie que dans l'île de Bimini , l'une des Lucayes , on trouvait une fontaine douée de la vertu merveilleuse de rendre la jeunesse et la vigueur à tous ceux qui se baignaient dans ses eaux salutaires. Animés par l'espérance de trouver ce restaurant miraculeux , Ponce de Léon et ses compagnons parcoururent ces îles , cherchant avec beaucoup de peine et de sollicitude , mais sans succès, la fontaine qui était le principal objet de leur expédition. Il n'est pas étonnant qu'un conte si absurde ait pu trouver quelque crédit parmi des peuples simples et ignorants tels qu'étaient les naturels ; mais qu'il ait pu faire quelque impression sur des hommes éclairés , c'est ce qui semble aujourd'hui presque incroyable : le fait n'en est pas moins certain , et les historiens espagnols les plus accrédités ont rapporté ce trait extravagant de la crédulité de leurs compatriotes. Les Espagnols