‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 145 sur 174 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

étaient à cette époque engagés dans une carrière 4 512 d'activité qui, en leur présentant chaque jour des objets extraordinaires et merveilleux, devait donner un tour romanesque à leur imagination. Un nouveau monde s'offrait à leurs regards. Ils visitaient des îles et des continents dont les Européens n'avaient jamais imaginé l'existence. Dans ces contrées délicieuses la nature semblait se montrer sous d'autres formes ; chaque arbre , chaque plante , chaque animal était différent de ceux de l'ancien hémisphère. Les Espagnols se. crurent transportés en des pays enchantés , et , après les merveilles dont ils avaient été les témoins , dans la première chaleur de leur admiration j il n'y avait rien d'assez extraordinaire pour leur paraître incroyable. Si une succession rapide de scènes nouvelles et frappantes put produire assez d'impression sur l'esprit sage de Colomb pour qu'il se vantât d'avoir découvert le siège du paradis, on ne doit pas trouver étrange que Ponce de Léon ait cru découvrir la fontaine de la jeunesse '.

Peu de temps après cette expédition à la Floride Progrès de

., n -, , , i i • Balboa dans

il se tit une découverte beaucoup plus importante rjsthme de dans une autre partie de l'Amérique. Balboa , ayant Darien. été nommé gouverneur de la petite colonie deSanta-

(x) P. Martyr. Decad.p. 202. Ensayo chronol. para la hist. de la Florida, par D. Gab. Çardenas, p, 1. Ovicdo, lib. XVI, cap. 1. Herrera, Decad. /, lib. IX, cap. 5. Hist. de la conq. de la Florida, par Gare, de la Veg'a , lib. I, cap. 3.

-1512 Maria dans le Darien par le suffrage volontaire de ses compagnons , fut si empressé d'obtenir de la couronne une confirmation de leur choix , qu'il dépêcha un officier en Espagne pour solliciter une commission royale qui le revêtît d'un titre légal. Comme il sentait cependant qu'il ne pouvait fonder le succès de ses espérances ni sur la protection des ministres de Ferdinand , avec lesquels il n'avait aucune liaison , ni sur des négociations dans une cour dont il ne connaissait pas les intrigues, il tâcha de se rendre digne de la faveur qu'il sollicitait par quelque service signalé qui lui méritât la préférence sur ses compétiteurs. Frappé de cette idée , il fît de fréquentes incursions dans les pays adjacents , soumit plusieurs caciques , et recueillit une grande quantité d'or , qui était plus abondant dans cette partie du continent que dans les îles. Dans une de ces incursions les Espagnols se disputèrent avec une telle chaleur pour le partage d'un peu d'or, qu'ils furent près de se porter à des actes de violence les uns contre les autres. Un jeune cacique, témoin de cette querelle et étonné de voir mettre un si haut prix à une chose dont il ne devinait pas l'utilité , renversa avec indignation l'or qui était dans une balance , et , se tournant vers les Espagnols , leur dit : « Pourquoi vous quereller pour si « peu de chose? Si c'est l'amour de Tor qui vous a porte à abandonner votre propre pays pour venir

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