‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 151 sur 174 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

leur procurant de l'occupation. Dans cette vue il 4 51JJenvoya plusieurs détachements dans l'intérieur du pays pour imposer aux habitants des contributions d'or et pour chercher les mines qui le produisaient. Ces aventuriers avides, plus occupés du gain présent que des moyens de faciliter leurs progrès par la suite, pillaient sans distinction partout où ils allaient. Sans égard pour les alliances que Balboa avait faites avec plusieurs caciques, ils les dépouillaient de tout ce qu'ils avaient de précieux, et les traitaient, ainsi que leurs sujets, avec le dernier degré de l'insolence et de la cruauté. Cette tyrannie et ces exactions, que Pedrarias n'avait peut-être ni le pouvoir ni la volonté de réprimer, ne firent plus qu'un désert de tout le pays qui s'étend du golfe du Darien jusqu'au lac de Nicaragua, et les Espagnols se virent, par leur imprudence, privés des ressources qu'ils auraient pu trouver dans l'amitié des habitants, pour pousser leurs conquêtes vers la mer du Sud. Balboa, qui voyait avec douleur combien une conduite si inconsidérée retardait l'exécution de son plan favori , fit passer en Espagne des remontrances très fortes contre l'administration de Pedrarias qui avait ruiné une colonie heureuse et florissante. Pedrarias de son coté accusa Balboa d'avoir trompé le roi par des récits exagérés de ses exploits et par un faux exposé de la richesse du pays \

(i)Herrera, Decad. /, lib. Xy cap. i5; Decad. II, cap. r, etc. Go-

4515 Ferdinand sentit à la fin la faute qu'il avait faite Mesures vio- en déplaçant l'officier le plus actif et le plus expé-

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Balboa. rimeiite qu il eut dans le JNouveau-Mondc, et, vou-

lant dédommager Balboa, le nomma adelantade ou gouverneur-lieutenant des pays situés sur la mer du Sud, avec une autorité et des droits très étendus. Il ordonna en même temps à Pedrarias de seconder Balboa dans toutes ses entreprises et de se concerter avec lui sur toutes les opérations que Pedrarias voudrait faire lui-même. Mais il n'était pas au pouvoir de Ferdinand de faire passer si subitement ces deux hommes d'une haine déclarée à une entière confiance. Pedrarias continua de traiter son rival avec dédain, et la fortune de Balboa se trouvant épuisée par le paiement de son amende et par d'autres exactions de Pedrarias , il fut hors d'état de faire les dispositions nécessaires pour se mettre en possession de son nouveau gouvernement. Cependant, par la médiation et les exhortations de l'évêque du Darien , on vint à bout de les réconcilier, et, pour cimenter plus solidement cette union , Pedrarias consentit à donner sa fille en mariage à Balboa. Le premier effet de leur union fut de permettre à Balboa de faire quelques petites incursions dans le pays , et il les exécuta avec une sagesse qui ajouta encore à la réputation qu'il s'é-

mara , cap. 66. P. Martyr. Decad. III, cap. 10. liclac. de B. de Las Casas, p. ta.

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