‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 152 sur 174 · LIVRE TROISIEME. I^S · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. I^S

tait acquise. Plusieurs aventuriers se joignirent à 1515 lui, et, avec les secours et la protection de Pedrarias , il commença à tout préparer pour son expédition vers la mer du Sud. Pour exécuter ce projet il était nécessaire de construire des vaisseaux capables de transporter des troupes dans les provinces qu'il se proposait d'envahir. Après avoir vaincu un grand nombre d'obstacles et supporté plusieurs de ces contrariétés qui semblent avoir été réservées aux conquérants de l'Amérique , il vint à bout de construire quatre petits brigantins. Il était prêt à 4517 mettre à la voile pour le Pérou, avec trois cents hommes d'élite (force supérieure à celle avec laquelle Pizarre entreprit depuis la même expédition), lorsqu'il reçut un message inattendu de Pedrarias '.. Comme leur réconciliation n'avait jamais été sincère , l'entreprise que Balboa était sur le point d'exécuter ranima l'ancienne inimitié de Pedrarias et la rendit plus active encore. Il redoutait l'élévation et la prospérité d'un homme qu'il avait si cruellement offensé. Il craignit que le succès n'encourageât Balboa à se rendre indépendant de sa juridiction; et ces mouvements de haine, de crainte et de jalousie agissaient sur son aine avec tant de force , que pour satisfaire sa vengeance il ne craignit pas de faire échouer une entreprise d'une si grande importance pour son pays. Sous des prétextes faux, mais plau-

(1) Herrera, Decad. II, lib. I, cap. 3 ; lib. II, cap. n-i3-2i.

454 ? sibles , il engagea Balboa à différer son voyage de quelque temps et à se rendre à Acla , où il voulait avoir une entrevue avec lui. Balboa , avec la confiance d'un homme qui n'a rien à se reprocher, se rendit au lieu qui lui avait été indiqué ; mais il ne fut pas plutôt entré dans Acla qu'il fut arrêté par ordre; de Pedrarias,qui, impatient d'assouvir sa vengeance, ne le laissa pas languir long-temps dans la captivité. On nomma sur-le-champ des juges pour instruire son procès. Il fut accusé d'avoir manqué de fidélité au roi et d'avoir voulu se révolter contre le gouverneur. La sentence de mort fut bientôt prononcée , et quoique les juges eux-mêmes, secondés par toute la colonie , sollicitassent vivement la grâce de Balboa, le gouverneur fut inexorable, et les Espagnols virent avec autant de douleur que d'étonnement périr sur l'échafaud un homme qui, de tous ceux qui avaient commandé en Amérique, était généralement regardé comme le plus propre à concevoir et à exécuter de grands projets'. Sa mort fit renoncer à l'expédition qu'il avait projetée. Pedrarias, puissamment protégé par l'évêque de Burgos et par quelques autres courtisans , échappa non-seulement à la

(1) Herrera , Decad. II, lib. II, cap. 11, 22. La Collection des 'voyages et découvertes des Espagnols , depuis la fin du XV* siècle , contient plusieurs relations et lettres originales inédites de Balboa , de ce malheureux Balboa , que son intrépidité , son talent maritime , ses découvertes et ses conquêtes font placer à côté de Fernand Cortez et de Pizarre. On y trouve aussi quelques pièces relatives au procès qui termina ses jours. (D. L.R.)

découvertes.

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