‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 153 sur 174 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

punition que méritaient la violence et l'iniquité de 4 517 sa conduite, mais conserva même sa place et son autorité. Bientôt après il obtint la permission de faire passer la colonie du poste malsain de Santa- Maria à Panama, qui était sur le coté opposé de l'isthme ; quoique ce changement ne fût pas fort avantageux sous le rapport de la salubrité du lieu, la situation commode du nouvel établissement ne contribua pas peu à faciliter les conquêtes postérieures des Espagnols dans les vastes provinces qui bordent la mer du Sud \

Pendant que ces événements, dont on a cru ne Nouvelles devoir pas interrompre le récit, se passaient dans le Darien, il se faisait ailleurs d'autres opérations importantes relativement à la découverte , à la conquête et au gouvernement des autres provinces du Nouveau-Monde. Ferdinand était si occupé du projet d'ouvrir une communication par l'ouest avec les Moluques ou îles des épiceries, que dans l'année i 5 1 5 il équipa à ses frais deux vaisseaux destinés à cette expédition et dont il donna le commandement à Jean Diaz de Solis , qui passait pour le plus habile navigateur d'Espagne. Solis prit sa route le long de la côte de l'Amérique méridionale , et le premier de janvier i5i6 il entra dans une rivière a laquelle il donna le nom de Janeiro et où il se fait aujourd'hui un commerce considérable. De là il s'avança dans

(i) Herrera, Decad. II, lib. IF, cap, i.

15-17 une baie spacieuse qu'il imagina être l'entrée d'un détroit qui communiquait avec la mer des Indes ; mais , en pénétrant plus avant , il découvrit que c'était l'embouchure du Rio de la Plata , l'une des grandes rivières qui arrosent le continent méridional de l'Amérique. Les Espagnols ayant voulu faire une descente dans ce pays , Solis et plusieurs hommes de son équipage furent tués par les naturels, qui à la vue des vaisseaux coupèrent par morceaux les corps des Espagnols et les mangèrent après les avoir fait rôtir T . Epouvantés de cet horrible spectacle et découragés par la perte de leur commandant, ceux des Espagnols qui restaient sur les vaisseaux retournèrent en Europe sans tenter aucune autre découverte a. Quoique cette tentative eût échoué , elle ne fut pourtant pas inutile : elle attira vers cette navigation l'attention des hommes instruits et prépara la route à un voyage plus heureux, qui, peu d'années après cette époque, remplit enfin les vues de Ferdinand.

Etat de la Quoique les Espagnols s'occupassent avec tant colomedel'Es- d'activité à étendre leurs découvertes et leurs établissements en Amérique, ils considéraient toujours l'Espagnola comme leur principale colonie et le siège du gouvernement,. Don Diego Colomb ne manquait

(1) Cet événement se passa près d'un ruisseau qui est situé entre Mon tevideo et Maldonado, et qui a conservé le nom de Rio de Solis. ( D. L. R.)

(2) Herrera , DccaJ. II, lib. I, cap. 7. P. Martyr. Decad, paç. 317.

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