‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 161 sur 174 · LIVRE TROISIEME. 2ty · texte numérisé non relu

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trop ardents pour se conduire avec beaucoup d'à- 1517 dresse , celui-ci était doué de cette infatigable activité qui réussit quelquefois mieux que l'esprit le plus délié. Il fit sa cour aux ministres flamands avec assiduité. Il mit sous leurs yeux l'absurdité de toutes les maximes adoptées jusque là dans le gouvernement de l'Amérique , et particulièrement le vice des dispositions faites par Ximenès. La mémoire de Ferdinand était odieuse aux Flamands. La vertu et les talents de Ximenès avaient été pour eux des motifs de jalousie. Ils désiraient vivement de trouver des prétextes plausibles pour condamner les mesures du ministre et du défunt monarque, et pour décrier la politique de l'un et de l'autre. Les amis de don Diego Colomb, aussi bien que les courtisans espagnols qui avaient eu à se plaindre de l'administration du cardinal, se joignirent à Las Casas pour désapprouver la commission des surintendants en Amérique. Cette union de tant de passions et d'intérêts devint si puissante, que les Hiéronimites et Zuazo furent rappelés. Rodrigue de Figueroa, jurisconsulte estimé, nommé premier juge de l'île, reçut, d'après les instances de Las Casas, des instructions nouvelles pour examiner encore avec la plus grande attention la question importante élevée entre cet ecclésiastique et les colons , relativement à la manière dont on devait traiter les Indiens. En attendant, il était autorisé à faire tout

±Ç)[\ HISTOIRE DE l' AMÉRIQUE.

4 517 ce qui serait possible pour soulager leurs maux et prévenir leur entière destruction J .

Projet pour Ce fut tout ce que le zèle de Las Casas put obtefourair les co- njr af0rs en faveur des Indiens. L'impossibilité de

lonies de noirs. . . . v

faire faire aux colonies aucun progrès , a moins que les colons espagnols ne pussent forcer les Américains au travail ? était une objection insurmontable à l'exécution de son plan de liberté. Pour écarter cet obstacle f Las Casas proposa d'acheter dans les établissements des Portugais à la cote d'Afrique un nombre suffisant de noirs et de les transporter en Amérique , où on les emploierait comme esclaves au travail des mines et à la culture du sol \ Les premiers avantages que les Portugais avaient retirés de leurs découvertes en Afrique leur avaient été procurés par la vente des esclaves. Plusieurs circonstances concouraient à faire revivre cet odieux commerce ? aboli depuis Ion g- temps en Europe, et aussi contraire aux sentiments de l'humanité qu'aux principes de la religion. Dès l'an i5o3 on avait envoyé en Amérique un petit nombre d'esclaves nègres \ En 1 5i i , Ferdinand avait permis qu'on y en portât une plus grande quantité 4. On trouva que cette espèce d'hommes était plus robuste que les Américains, plus capable de résister à une grande fatigue

(r) Herrera, Decad. //, lib. II, cap. iG, nj, 21 ; ///;. 111, cap. 7, 8.

(2) Voyez la note 3r.

('î) Herrera , Decad. I, lib. V, cap. 12.

(4) Ihid.liù. VIII, cap. «>.

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