‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 165 sur 174 · LIVRE TROISIÈME. 3oi · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. 3oi

rien, qui avait accompagné Pedrarias sur le con- 4 517 tinent en i5i3, venait de prendre terre à Barcelonne, où la cour faisait alors sa résidence. On sut bientôt que ses sentiments sur les facultés et les dispositions des Américains différaient de ceux de Las Casas, et Charles imagina assez naturellement qu'en écoutant et en comparant les raisons de deux personnages respectables qui , par un long séjour en Amérique , avaient eu le temps d'observer les mœurs du peuple qu'il s'agissait de faire connaître , il serait en état de découvrir lequel des deux avait formé son opinion avec plus de justesse et de discernement.

On désigna pour cet examen un jour fixe et une audience solennelle. L'empereur parut avec une pompe extraordinaire et se plaça sur son trône dans la grande salle de son palais. Ses courtisans l'environnaient. Don Diego Colomb , amiral des Indes j fut appelé. L'évêque du Darien fut invité à dire le premier son avis. Son discours ne fut pas long. Il commença par déplorer les malheurs de l'Amérique et la destruction d'un grand nombre de ses habitants , qu'il reconnut être en partie l'effet de l'excessive dureté et de l'imprudence des Espagnols ; mais il déclara que tous les habitants du Nouveau -Monde qu'il avait observés, soit dans le continent, soit dans les îles, lui avaient paru une espèce d'hommes destinés à la servitude par l'in-

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4517 fériorité de leur intelligence et de leurs talents naturels, et qu'il serait impossible de les instruire', ni de leur faire faire aucun progrès vers la civilisation , si on ne les tenait pas sous l'autorité continuelle d'un maître. Las Casas s'étendit davantage et défendit son sentiment avec plus de chaleur. Il s'éleva avec indignation contre l'idée qu'il y eût aucune race d'hommes née pour la servitude , et attaqua cette opinion comme irréligieuse et inhumaine. Il assura que les Américains ne manquaient pas d'intelligence et qu'elle n'avait besoin que d'être cultivée ; qu'ils étaient capables d'apprendre les principes de la religion et de se former à l'industrie et aux arts de la vie sociale ; que leur douceur et leur timidité naturelle les rendant soumis et dociles , on pouvait les conduire et les former , pourvu qu'on ne les traitât pas durement. Il protesta que dans le plan qu'il avait proposé ses vues étaient pures et désintéressées, et que, quelque avantage que l'adoption de ce plan dût procurer à la couronne de Castille, il n'avait jamais demandé et ne voudrait jamais recevoir aucune récompense de ses travaux.

Le plan de Charles , après avoir entendu les deux plaidoyers

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' . et consulte ses ministres , ne se crut pas encore assez

approuve. A

4 520 bien instruit pour prendre une résolution générale relativement à la condition des Américains ; mais comme il avait une entière confiance eu la probité

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