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Quoique la destruction de la colonie de Cumana 4517 ne soit arrivée qu'en l'an i52i , je n'ai pas voulu interrompre le récit des négociations de Las Casas depuis leur origine jusqu'à leur issue. Son système fut l'objet d'une longue et sérieuse discussion, et quoique ses tentatives en faveur des Américains opprimés n'aient pas été suivies du succès qu'il en espérait (sans doute avec trop de confiance), soit par son imprudence, soit par la haine active de ses ennemis, elles donnèrent lieu à divers règlements qui furent de quelque utilité à ces malheureuses nations. Je reviens maintenant à l'histoire des découvertes espagnoles, en suivant l'ordre des temps1.
Diego Velasquès, qui avait conquis Cuba en 1 5 1 1 , conservait encore le gouvernement de cette île comme député de don Diego Colomb , quoiqu'il lui donnât rarement des marques de subordination et qu'il cherchât à se rendre entièrement indépendanta. Sous sa sage administration, Cuba devint l'un des établissements espagnols les plus florissants. L'idée avantageuse qu'on avait de cette colonie y attirait beaucoup de personnes qui espéraient y trouver des établissements solides ou quelque moyen d'occuper leur activité. Comme Cuba était la plus occidentale des îles occupées par les Espagnols , et que l'Océan, qui s'étend beaucoup plus loin à l'ouest,
(i) Herrera, Decad. II, lib. X, cap. 5, pag. 329. (2) Herrera, Decad. II, lié. II, cap. 19.
Nouvelles découvertes à l'ouest.
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i o i 7 n'avait pas encore été visité , ces circonstances invitaient les habitants de cette île à tenter de nouvelles découvertes. Toute expédition où le courage et l'activité pouvaient conduire promptement à la richesse était plus conforme au génie de ce siècle que cette lenteur , cette patience d'industrie nécessaires pour défricher un terrain ou pour fabriquer le sucre. Plusieurs officiers qui avaient servi sous Pedrarias dans le Darien formèrent une association pour tenter des découvertes. Ils persuadèrent à François Hernandès de Cordova, riche colon de Cuba et homme d'un grand courage , de se joindre à eux et d'être leur commandant. Velasquès , non-seulement approuva leur projet, mais leur donna du secours. Comme les aventuriers qui avaient servi au Darien manquaient de tout , lui et Cordova ■ leur avancèrent de l'argent pour acheter trois petits vaisseaux et leur fournirent tout ce qui leur était nécessaire pour le commerce et pour la guerre Cent dix hommes s'embarquèrent et firent voile de San-Jago-de- Cuba, le 8 février 1 5i 7. Par le conseil de leur principal pilote , Antoine Alaminos , qui avait servi sous l'amiral Colomb, ils portèrent directement à l'ouest , se guidant d'après l'opinion de ce grand navigateur, qui avait constamment soutenu que la
(i) 'il s'appelait Francisco Hernandès, et c'est toujours sons ce nom (pie Herrera , Torquemada et les autres écrivains espagnols le désignent ; Cordova (Cordoue) n'était que le lieu de sa naissance. (D. L. R. )
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route à l'ouest conduirait aux plus importantes dé- 4 54 7 couvertes.
Le vingt et unième jour après leur départ de San- Yucatan. Jago ils virent terre. C'était le cap Catoche , qui forme la pointe orientale de cette grande péninsule en avant du continent de l'Amérique , laquelle a conservé le nom de Yucatan que lui donnent les habitants du pays. Comme ils approchaient du rivage ils virent venir à eux cinq canots pleins d'Indiens décemment vêtus d'habits de coton \ spectacle nouveau pour les Espagnols, qui avaient trouvé jusque là l'Amérique habitée par des sauvages nus. Cordova s'efforça de gagner, par de petits présents, la bienveillance de ce peuple. Les Indiens, quoique étonnés à la vue des objets extraordinaires qui se présentaient pour la première fois à leurs yeux , invitèrent, avec une apparence de cordialité, les Espagnols à visiter leurs habitations. Les Espagnols débarquèrent, et, en s'avançant dans le pays , remarquèrent avec une nouvelle surprise de grandes maisons bâties en pierre ; mais ils éprouvèrent bientôt que, si les Indiens du Yucatan étaient plus civilisés que les autres Américains , ils étaient aussi plus artificieux et plus guerriers. Le cacique, en recevant Cordova avec de vifs témoignages d'amitié, avait posté en embuscade derrière un petit bois un corps considérable d'Indiens qui , sur un signai qu'il leur fit, coururent sur les Espagnols et les
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4 517 attaquèrent avec beaucoup de hardiesse et une espèce d'ordre militaire. A. la première décharge de leurs flèches , quinze Espagnols furent blessés ; mais l'explosion soudaine des armes à feu frappa les Indiens d'une si grande terreur, et ils furent si étonnés du ravage que firent parmi eux les arquebuses et les autres armes de leurs nouveaux ennemis , qu'ils s'enfuirent avec précipitation. Cordova abandonna un pays où il avait été si mal reçu, emmenant avec lui deux prisonniers et emportant les ornements d'un petit temple qu'il pilla dans sa retraite.
Gampéche. tq continua sa route à l'ouest sans perdre la cote de vue, et le seizième jour il arriva à Campêche. Là les Indiens le reçurent avec plus d'hospitalité. Les Espagnols s'étonnaient beaucoup de n'avoir trouvé aucune rivière sur une cote d'une si grande étendue et qu'ils imaginaient appartenir à une île'. Comme l'eau commençait à leur manquer, ils s'avancèrent encore, et découvrirent à la fin l'embouchure d'une rivière à Potonchan , quelques lieues par-delà Campcche.
Cordova débarqua toutes ses troupes pour protéger ses matelots pendant qu'ils feraient de l'eau. Mais, malgré toutes ces précautions, les Indiens les attaquèrent avec une telle furie et en si grand nombre, que quarante-sept Espagnols furent tués sur
(i) Voyez les notes 2ta et 33.