‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 171 sur 174 · LIVRE TROISIEME. 3 I · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. 3 I

vèrent sans aucun accident remarquable à Poton- 4 51 8 chan, sur le côté opposé de la péninsule. Le désir de venger leurs compatriotes massacrés en cet endroit ? fortifié par leurs principes de politique , les détermina à y descendre ? dans la vue de châtier les Indiens de ce district avec une rigueur et un éclat qui pussent frapper de terreur tous les peuples du voisinage. Mais quoiqu'ils eussent débarqué toutes leurs troupes et mis à terre quelques pièces de campagne ? ies Indiens se défendirent avec tant de courage , que les Espagnols eurent beaucoup de peine à les repousser , et se confirmèrent dans l'opinion où ils étaient déjà qu'ils trouveraient dans les habitants de ce pays des ennemis plus redoutables que tous ceux qu'ils avaient rencontrés dans les autres parties de l'Amérique. De Potonchan ils continuèrent leur route vers l'ouest , se tenant aussi près de la cote qu'il leur était possible , et mettant à l'ancre tous les soirs pour se garantir des accidents dangereux auxquels ils pouvaient être exposés dans une mer inconnue. Pendant le jour , leurs yeux , continuellement attachés sur la terre ? étaient frappés de surprise et d'admiration à la vue des beautés du pays et de la nouveauté des objets qui se présentaient à eux. Ils voyaient dispersés sur la côte des villages où ils distinguaient des maisons de pierre , qui de loin leur paraissaient blanches et élevées. Dans la chaleur de leur admiration ils

3l6 HISTOIRE DE l' AMÉRIQUE.

-1518 croyaient voir des villes ornées de tours et de créneaux , ; et un des soldats ayant remarqué que ce pays ressemblait par son aspect à l'Espagne , Grijalva lui donna, avec un applaudissement universel, le nom de Nouvelle - Espagne , nom qui désigne encore cette vaste et riche province de la domination espagnole en Amérique 2. Ils descendirent sur les bords d'une rivière appelée par les natu-

Tabasco, y rels Tabasco :1a nouvelle de l'avantage qu'ils avaient remporté à Potonchan étant parvenue en cet endroit , le cacique les reçut non - seulement d'une manière amicale , mais même leur fit des présents considérables qui confirmèrent les hautes idées que les Espagnols avaient prises de la richesse et de la fertilité du pays. Ces idées s'étendirent et se fortifièrent encore par ce qui leur arriva dans le lieu où ils touchèrent ensuite ; c'était à l'ouest de Tabasco dans la province connue depuis sous le nom

Guaxaca. de Guaxaca. Ils y furent accueillis avec des marques de respect extraordinaire , comme des êtres au-dessus de l'humanité. Lorsqu'ils débarquèrent les naturels brûlaient devant eux un encens de gomme copale , et leur présentaient en offrande

(i) Voyez la note 34.

0) François de Montejo , l'un des officiers de Grijalva , fut le premier Espagnol qui débarqua sur cette côte, où il eut une entrevue avec 1rs envoyés de Montczuma qui, ayant été instruit du voyage de Hernandez de Cordova, et de l'apparition dans son empire de soldats étrangers, avait ordonné qu'on prit des informations sur leur compte. (D. L. R.)

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