‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 2 sur 174 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

« La découverte d'un Nouveau-Monde, disait- on « dans l'édition précédente de X Histoire d' Amérique , « l'événement le plus remarquable et le plus important « du règne de Charles - Quint , devait naturellement « former un épisode essentiel de l'histoire de ce règne « que Robertson a traitée avec tant de talent, et l'on « aurait vivement regretté que cet écrivain ne l'eût « point fait entrer dans son plan , si , ne pouvant se « résoudre à n'en retracer que les détails relatifs au « règne de Charles-Quint, il n'en eût fait le sujet d'un « ouvrage à part, et n'eût ainsi amplement dédommage « le public de cette omission volontaire.

« Jaloux d'élever un monument durable et de ras- « sembler dans son nouvel ouvrage toutes les lumières « qu'il était possible de recueillir sur l'histoire d'Amé- « rique , il se livra pendant plusieurs années aux tra- « vau*x préparatoires les plus étendus. Aucun des se- « cours qui pouvaient lui être nécessaires ne lui fut « refusé ; il rassembla de toutes parts les documents « les plus authentiques.

« L'historien avait à surmonter de grandes diffi- « cultes. Décrire une terre nouvelle , développer des « intérêts d'un ordre nouveau, racontîr des événe-

VilJ AVERTISSEMENT.

o mcnts qui ne ressemblent en rien à ceux que jusqu'a- « lors avait retracés l'histoire : quel riche, quel magni- « fique , mais en même temps , quel difficile sujet ! « Robertson était digne de le traiter ; il en a surmonté « tous les obstacles avec un talent qu'on ne saurait « trop admirer. On trouve dans son Histoire d' Améria que toutes les qualités qui brillent dans ses ouvrages « précédents , avec une variété de ton proportionnée a à la variété des objets. »

Cette histoire, que M. le baron de Humboldt appelle classique1, que l'abbé Jean Nuix , malgré ses préventions , considère comme l'ouvrage d'un des meilleurs historiens du siècle'1, et à laquelle Clavigero lui-même rend justice*, a obtenu un succès européen ; et l'on en publie tous les ans en Angleterre de nouvelles éditions. Cependant malgré ce succès et ces éloges, elle renferme , on ne saurait en disconvenir , des erreurs , des jugements hasardés, etlaisse des lacunes à remplir.

La traduction de MM. Suard et Morellet, écrite en général avec cette élégance qui distingue tout ce qui est sorti de la plume du premier de ces traducteurs, fit surtout connaître en France l'ouvrage de Robertson, dont il n'existait avant eux qu'une version pale et défigurée. Quelle que soit la réputation dont la tra-

(r) Vues des Cordillères et monuments des peuples indigènes de l'Amérique, tom. I, p. 3 fj.

h.) Rcflcxiones imparcialcs sobre la humanidad de los Espa noies en las ludias , contra los pretendidos /ilosofos y politicos, etc. p. 1 1.

(i) Sloria antica del Messico.

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