‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 35 sur 174 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

aspiraient, il fallait se rendre maître de la mer; cependant ils regardèrent toujours le service naval comme un état subordonné , réservé à ceux des citoyens qui n'étaient pas d'un rang à être admis dans les légions '. On trouverait difficilement dans toute l'histoire romaine un seul événement qui prouvât que la navigation fût pour eux autre chose qu'un instrument de conquête. Lorsque la valeur et la discipline des Romains eurent subjugué toutes les puissances maritimes de l'ancien monde, et que Carthage, la Grèce et l'Egypte furent soumises à leur domination , ils ne prirent point l'esprit commerçant des nations qu'ils avaient conquises : ce peuple de soldats aurait regardé comme une dégradation du nom de citoyen romain de s'adonner au commerce. Ils laissaient les arts mécaniques , le négoce et la navigation aux esclaves , aux affranchis ? aux habitans des provinces et aux citoyens de la dernière classe. Lors même qu'après la destruction de la liberté , les mœurs eurent commencé à perdre de leur sévérité et de leur fierté première ? le commerce n'acquit pas une grande considération chez les Romains. La Grèce, l'Egypte et les autres pays conquis , quoique réduits en provinces romaines , continuèrent de faire leur commerce comme auparavant. Rome , étant la capitale du monde et le siège du gouvernement , attirait naturellement à elle toutes

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les richesses et les productions utiles des provinces. Les Romains, satisfaits de cet avantage, paraissaient souffrir sans peine que le commerce restât presque entièrement entre les mains des habitans de ces diverses contrées.

Cependant l'étendue de la domination romaine, qui embrassait presque tout le monde connu , la vigilance des magistrats et l'esprit d'un gouvernement qui joignait l'intelligence à l'activité, avaient donné au commerce une nouvelle vigueur en lui donnant plus de sécurité; jamais il n'y eut entre les nations une communication aussi bien établie, une union aussi parfaite que celles qui existaient entre les parties de ce vaste empire. Le commerce n'était ni arrêté dans ses opérations par la jalousie d'états rivaux, ni interrompu par des hostilités fréquentes , ni limité par des restrictions partielles : une puissance suprême faisait mouvoir et réglait l'industrie des individus , en même temps qu'elle jouissait de leurs efforts réunis. Cette influence se fit sentir à la navigation et servit à la perfectionner. Dès que les Romains eurent pris du goût pour les superftuités de l'Orient, le commerce qui se faisait avec l'Inde par l'Egypte fut poussé avec plus d'activité , et s'étendit au-delà de ses anciennes limites. En fréquentant le continent indiennes navigateurs apprirent à connaître le cours périodique des vents, lesquels, dans la mer qui sépare l'Afrique de l'Inde , soufflent avec très peu de

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