‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 36 sur 174 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

variation de Test pendant une moitié de l'année , et de l'ouest pendant l'autre moitié. Encouragés par cette observation , ils abandonnèrent l'ancienne manière , aussi lente que dangereuse , de naviguer le long des cotes, et aussitôt que la mousson de l'ouest commençait, ils partaient d'Ocelis à l'emboucbure du golfe Arabique, et cinglaient hardiment à travers l'Océan1. La direction uniforme du vent, suppléant au défaut de boussole et rendant l'observation des étoiles moins nécessaire, les conduisait au port de Musiris sur la cote occidentale du continent indien. Là ils prenaient à bord leurs cargaisons, et, revenant avec la mousson de l'est , achevaient leur voyage par le golfe Arabique dans l'espace d'une année. Cette portion de l'Inde , connue aujourd'hui sous le nom de Malabar , paraît avoir été la dernière limite de la navigation des anciens dans cette partie du globe : quant aux pays immenses qui s'étendent audelà du coté de l'est, ils n'en avaient qu'une connaissance très imparfaite, fondée sur les relations d'un petit nombre de voyageurs qui y avaient pénétré par terre. Leurs excursions n'étaient pas fort étendues, et probablement tant que la communication des Romains avec l'Inde subsista , aucun voyageur n'avança plus loin que les bords du Gange3. Les flottes d'Egypte qui trafiquaient à Musiris étaient, il est vrai,

(i) Plinii Nat. Hist. lié. VI, cap. 2 3.

(i) Strab. Geogr. Ub. XV, p. 1006. Voyez la note 6.

chargées d'épiceries ou d'autres riches marchandises du continent et des îles des parties ultérieures de l'Inde ; mais c'étaient les Indiens eux-mêmes qui venaient dans des canots , faits d'un seul arbre , apporter ces marchandises au port de Musiris , devenu l'entrepôt de ce commerce1. Les négocians égyptiens et romains , contens de se les procurer de cette manière, nejugeaient pas a propos d'affronter des mers inconnues et de s'exposer à une navigation périlleuse , pour chercher les pays qui produisaient ces denrées précieuses. Quelque bornées que fussent les découvertes des Romains dans l'Inde, ils y faisaient cependant un commerce qui peut paraître considérable, même aujourd'hui où ce commerce a été porté fort au-delà de ce qu'on a pu tenter ou même concevoir à aucune époque antérieure. Nous apprenons d'un auteur célèbre 2 que le commerce de l'Inde faisait sortir chaque année de l'empiré romain plus de quatre cent mille livres sterling (environ dix millions de francs), et nous trouvons clans un autre qu'il partait annuellement cent vingt vaisseaux du golfe Arabique pour l'Inde 5.

Découver- La découverte de cette nouvelle manière de navites des anciens r aux jndes est le pas le plus considérable qui ait

par terre. ,,«.,' i •• i ij',4

cte fait dans la navigation pendant toute la durée clé

(i) Plinii Nat. Ilist. lib. VI, cap. 26.

(■2) Ibid.

(3) Strabo, Geogr. lib. II, p. 179-

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