‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 47 sur 174 · LIVRE PREMIER. 5l · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. 5l

suffisantes pour réaliser ce titre chimérique , n'alla jamais aux Canaries ; et Jean de Béthencourt , baron normand , en obtint la concession de Henri III , roi de Castille ' . Béthencourt , brave et heureux comme l'étaient alors presque tous les aventuriers de son pays, entreprit la conquête de ces îles et y réussit 2 ; sa famille en resta quelque temps en possession, comme d'un fief relevant de la couronne de Castille. On prétend qu'avant cette expédition de Béthencourt, des navigateurs normands avaient déjà visité la cote d'Afrique et s'étaient avancés fort loin vers le sud des îles Canaries ; mais ces voyages ne paraissent pas avoir été entrepris sur un plan régulier et national , ni dans la vue d'étendre la navigation ou de tenter des découvertes. C'étaient ou des excursions suggérées par cet esprit de piraterie que les Normands tenaient de leurs ancêtres , ou des entreprises de quelques négociants pour leur commerce particulier , lesquelles attiraient si peu l'attention publique , qu'à peine en trouve-t-on quelques traces dans les écrivains de ce temps-là. Il suffit, pour une esquisse générale des progrès des découvertes , d'indiquer cet événement ; en le laissant au rang de ceux dont l'existence est douteuse ou l'influence peu importante , nous pouvons conclure

(i) Viera y Clavijo. Notie. de fa Hlst. de Canaria , liv. I, pag. 268, etc. Glas. Hist. chap. 1.

(■?.) Voy. la note 11.

5u HISTOIRE DE l' AMERIQUE.

I5G5 que, quoique les voyageurs qui ont visité par terre les parties de l'Orient les plus éloignées aient rapporté beaucoup de lumières sur ces pays , la navigation , au commencement du quinzième siècle ? n'était pas plus avancée qu'avant la chute de l'empire romain.

Premier Enfin arriva l'époque fixée par la Providence où P nieguier ^es jlommes élevaient franchir les limites dans les-

de découverte conçu par quelles ils avaient été si long-temps renfermés , et es ortugais. s'ouvrjr un c]iamp pjus vaste pour y déployer leurs

talents /leur courage et leur activité. Les premières tentatives importantes qui se firent pour cet objet ne furent pas l'ouvrage des états les plus puissants de l'Europe ni de ceux qui avaient cultivé la navigation avec le plus de constance et de succès. La gloire de frayer la route dans cette nouvelle carrière était réservée au Portugal, l'un des royaumes les moins étendus et les moins considérables de l'Europe. Comme les entreprises tentées parles Portugais pour acquérir la connaissance des parties du globe alors inconnues au genre humain ' , ont non -seulement étendu et perfectionné l'art de la navigation, mais ont encore excité un esprit de curiosité et de recherche qui a conduit à la découverte du Nouveau-Monde, dont je me propose d'écrire l'histoire , il est nécessaire de jeter un coup d'œil sur la naissance , les pro-

(i) Il nous semble que Robertson aurait dû employer des expressions moins générales, et dire seulement : alors inconnues à l'Europe. (D.L.R J

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