‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 56 sur 174 · LIVRE PREMIER. *] I · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. *] I

par la perspective d'un bénéfice certain , durent \US\ poursuivre leurs recherches avec plus d'ardeur que lorsqu'ils n'étaient animés que par l'espérance et la curiosité.

Cette dispositionne pouvait manquer d'acquérir de nouvelles forces par la protection d'un monarque tel que Jean II : il encouragea hautement toutes les entreprises qui avaient pour but quelque découverte, et en favorisa l'exécution avec tout le zèle de son grand - oncle le prince Henri , mais avec un degré supérieur de puissance. Les effets de ses soins ne tardèrent pas à se faire sentir. Les Portugais équi- 4 ksk pèrent une flotte puissante qui 1 après avoir découvert les royaumes de Bénin et de Congo , s'avança de plus de quinze cents milles au-delà de l'équateur , et les navigateurs européens virent pour la première fois un nouveau ciel , et observèrent les étoiles d'un autre hémisphère. Jean était non-seulement jaloux de découvrir des terres nouvelles; il s'occupait aussi à s'en assurer la possession. Il bâtit des forts sur la cote de Guinée > et y envoya des colonies ; il établit des relations de commerce avec les états les plus puissants > et tâcha de rendre tributaires de sa couronne ceux qui étaient faibles ou divisés. Plusieurs petits princes d'Afrique se reconnurent volontairement vassaux du roi de Portugal , d'autres y furent contraints par la force des armes. Il se forma un système régulier et bien réfléchi relativement à ce

1 48^ nouvel intérêt de politique , et les Portugais , en l'observant invariablement , parvinrent à établir sur un fondement solide leur puissance et leur commerce en Afrique.

Espoir de Une communication suivie avec les peuples de l' Aecouvnr une frjqUe pr0cura par degrés aux Portugais quelque con-

nouvelle route L l r ° D t. TL

aux Indes ori- naissance des parties de ce continent qu'ils n'avaient entales. pas visitées. Les informations qu'ils reçurent des

habitants, jointes à ce qu'ils avaient observé euxmêmes dans leurs voyages , commencèrent à leur offrir des vues plus étendues et à leur suggérer l'idée d'entreprises plus importantes encore. Ils avaient reconnu l'erreur des anciens sur l'état de la zone torride. En avançant davantage vers le sud, ils trouvèrent que le continent de l'Afrique , au lieu de s'étendre en largeur, selon la doctrine de Ptolémée1 , qui était alors l'oracle et le guide des géographes, paraissait se resserrer insensiblement et se courber vers lest. Cette observation leur inspira quelque confiance dans les récits des voyages que les Phéniciens faisaient anciennement autour de l'Afrique, et qu'on avait regardés long-temps comme fabuleux; ils conçurent l'espérance qu'en suivant la route des Phéniciens , ils pourraient arriver aux Indes orientales , et s'emparer d'un commerce, source assurée de richesse et de pouvoir pour les nations qui en ont joui. Le vaste génie du prince Henri, autant qu'on peut le conjeo

(i) Vide Nov. Orbls Tabuh ùeo'gr. secund. Ptolcm. Ams. 1730.

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