‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 58 sur 174 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

put faire fut de le reconnaître ' . La violence des vents , i486 le délabrement de ses vaisseaux et l'esprit turbulent de son équipage , le forcèrent de revenir sur ses pas après un voyage de seize mois, dans lequel il découvrit une étendue de pays beaucoup plus considérable que ce qu'avait découvert avant lui aucun autre navigateur. Diaz avait appelé le promontoire qui terminait son voyage Cabo tormentoso, le cap des tempêtes; mais le roi son maître ne doutant plus qu'il n'eût enfin trouvé la route qu'il cherchait depuis si long-temps pour passer dans l'Inde, donna à ce cap un nom plus encourageant et de meilleur augure; il l'appela le Cap de Bonne-Espérance2.

Ces espérances de succès se trouvèrent confirmées par les nouvelles que le roi de Portugal reçut des députés qu'il avait envoyés par terre en Abyssinie. Covilhan et Payva, se conformant aux instructions de leur maître , se rendirent d'abord au grand Caire, d'où ils se mirent en route avec une caravane de marchands égyptiens, et arrivèrent à Aden sur la mer Rouge. Là ils se séparèrent; Payva cingla vers P Abyssinie; Covilhan s'embarqua pour les Indes orientales , et après avoir visité Calicut , Goa , et d'aut res villes sur la cote de Malabar, il alla à Sofala sur la cote orientale d'Afrique , et de là au grand Caire ,

(i) Rarthélemi Diaz fit plus que de reconnaître le cap, il le doubla et s'avança 40 lieues à l'est. ( D. L. R.)

(1) Faria y Sousa, Port. Asia, roi I, p. 26.

] 486 où les deux députes s'étaient donné rendez-vous pour se rejoindre. Malheureusement Payva avait été assassiné en Abyssinie ; mais Covilhan trouva au Caire deux juifs portugais qui avaient été envoyés par Jean, dont la sagacité prévoyante ne négligeait aucun moyen propre à faciliter l'exécution de ses desseins; il avait prescrit à ces juifs de recevoir des deux ambassadeurs le détail de leurs opérations , et de leur remettre de nouvelles instructions. Covilhan chargea un de ces juifs de porter en Portugal un journal de ses voyages par mer et par terre , et ses remarques sur le commerce de l'Inde , avec les plans exacts des cotes où il avait touché ; d'après ses propres observations , ainsi que d'après les éclaircissements que lui avaient donnés d'habiles marins en différents pays', il concluait qu'en tournant l'Afrique par mer on devait trouver un passage aux Indes orientales1, préparatifs L'heureuse conformité de l'opinion et du récit de

pour un autre ^ . -n i j / . XV •. j

Covilhan avec les découvertes que Diaz venait de

\oyage. .. .

faire ne laissait presque plus d'incertitude sur la possibilité d'aller par mer de l'Europe dans l'Inde; mais l'énorme longueur du voyage et les tempêtes furieuses que Diaz avait essuyées près du cap de Bonne- Espérance avaient extrêmement intimidé les Portugais, quoiqu'une longue expérience en eût déjà fait alors d'habiles et hardis navigateurs : il fallut quel-

(i) Faria y Sousa, Port. Mia, vol. 1, p. 27. Lalitau, Découvertes, t. /. /;. 48.

Page 1