‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 60 sur 174 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Parmi les étrangers que le bruit des découvertes Naissance faites par les Portugais avait attirés au service de eJ e YJ* £n cette nation se trouvait Christophe Colomb j sujet de la république de Gênes. On ne connaît avec certitude ni le temps ni le lieu de sa naissance l ; on sait seulement qu'il était d'une famille honnête , réduite à l'indigence par des événements malheureux. Ses parents ayant embrassé pour vivre la profession de marins , Colomb laissa entrevoir dès sa première jeunesse les talents et le caractère qui peuvent distinguer un homme de cet état; au lieu de combattre les inclinations du jeune Colomb , ils les développèrent et les encouragèrent par l'éducation. Après

(i) Voyez la note i4- Les différentes opinions émises sur le temps et le lieu de la naissance de Christophe Colomb , ainsi que sur ses actions , ont été amplement et savamment discutées dans l'introduction de M. Martin Fernandez de Navarrete , à sa collection des Voyages et découvertes des Espagnols, depuis la fin du XV e siècle. (D. L. R.)

iHQi lui avoir fait acquérir quelque connaissance de la langue latine , la seule qui fût alors employée à l'enseignement , on lui fit apprendre la géométrie , la cosmographie, l'astronomie et le dessin. La liaison de ces sciences avec l'art de la navigation , son objet favori, excitant son ardeur et son application , il y fit des progrès rapides. Avec de si heureuses dispositions il entra à quatorze ans dans la carrière qui devait le conduire à tant de gloire. Ses premiers voyages furent dirigés vers les ports de la Méditerranée , que fréquentaient ses compatriotes les Génois ; mais ces voyages étant trop bornés pour une

^67 ame aussi active que la sienne, il fît une excursion dans les mers du nord , et visita les cotes de l'Islande, où la pêche commençait à attirer les Anglais et quelques autres nations. Comme la navigation tentait alors dans tous les sens des entreprises nouvelles, il s'avança au-delà de cette île, laThulédes anciens ' , jusqu'à plusieurs degrés dans le cercle polaire. Après avoir satisfait sa curiosité par un voyage qui, en augmentant ses connaissances maritimes , ne servait pas à sa fortune , il s'attacha à un homme de son nom et de sa famille , capitaine de vaisseau, qui jouissait d'une grande réputation. Ce marin conduisait une petite escadre armée à ses frais, et, faisant la course tantôt contre les Mahométans , tantôt contre les Vénitiens, rivaux des Gé-

(i) Voyez la note i5.

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