‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 62 sur 174 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

les Portugais avaient faits en Guinée et dans les autres \ ^7 parties du continent de l'Afrique qu'ils avaient découvertes1.

L'expérience que Colomb avait acquise par un si Effefs de

leurs décou-

grand nombre de voyages dans presque toutes les vertes sur son parties du globe , alors connues par la navigation , esPrltl'avait rendu lui-même un des meilleurs navigateurs de l'Europe ; mais ce mérite ne lui suffisait pas et il ambitionnait davantage. Les succès heureux des Portugais avaient excité un tel esprit de curiosité et d'émulation que tous les savants de ce siècle étaient occupés à étudier les moyens qui avaient préparé les découvertes déjà faites et ceux dont on pouvait se promettre quelque réussite dans des entreprises encore plus hardies. Colomb, naturellement avide de connaître , capable de méditations profondes et porté vers les spéculations de ce genre , s'était souvent appliqué à remonter aux principes qui avaient guidé les Portugais dans leurs plans de découvertes nouvelles et à la manière dont ils en avaient conduit l'exécution; de sorte qu'il arriva par degrés à se persuader qu'on pouvait aller plus loin qu'eux en suivant leur méthode , et exécuter des entreprises qu'ils avaient jusqu'alors tentées inutilement.

Depuis que les Portugais avaient doublé le cap n forme le Vert, le grand objet qui occupait les navigateurs était vrir une °"u. de trouver par mer un passage aux Indes orientales, velle route

aux Indes.

(i) Vie de Colomb , cîiap. 4 , 5.

\ k&7 Les découvertes de cette nation en Afrique n'étaient rien auprès de celle-là. On connaissait depuis un grand nombre de siècles la fertilité et les richesses des Indes. Les épiceries et les autres marchandises précieuses qu'on en rapportait étaient recherchées dans toute l'Europe. Les Vénitiens , enrichis par la possession exclusive de ce commerce , excitaient la jalousie de toutes les autres nations; mais quelque avides que fussent les Portugais de se frayer une route nouvelle vers ces riches contrées, ils ne l'avaient cherchée jusqu'alors qu'en se dirigeant vers le sud , dans l'espérance qu'ils pouvaient arriver aux Indes en portant à l'est après qu'ils auraient fait le tour de l'extrémité de l'Afrique. Cette route était cependant encore inconnue , et , au cas qu'on la découvrît , elle était si longue qu'un voyage d'Europe dansleslndesparaissait une entreprise d'une extrême difficulté et d'un succès très incertain. On avait employé plus d'un demi-siècle à avancer du cap Non à l'équateur : un plus long espace de temps pouvait s'écouler avant qu'on parvînt à compléter le projet des Portugais. L'incertitude et la longueur de cette route conduisirent naturellement Colomb à rechercher s'il n'était pas possible de trouver quelque chemin plus court et plus direct. Après avoir réfléchi profondément sur cette matière , aidé des connaissances qu'il avait acquises dans la théorie et la pratique de la navigation; après avoir attentivement comparé les observations des pilotes mo-

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