‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 63 sur 174 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

dernes avec les indications et les conj ectures que four- ^er lussent les anciens auteurs, il conclut qu'en naviguant directement à l'ouest au travers de l'Océan Atlantique , on découvrirait infailliblement des pays nouveaux qui devaient être , selon lui , une partie du vaste continent de l'Inde.

Cette opinion , aussi chimérique au premier coup Principes d'œil qu'elle était extraordinaire et nouvelle , était slu , (;SfIue s

1 ' ' - * sa théorie

appuyée dans son esprit sur des motifs et des raisons était fondée. de différents genres. La figure sphérique de la terre était connue, et la grandeur de son volume déterminée avec quelque exactitude. Il suivait évidemment de là que les continents de l'Europe , de l'Asie et de l'Afrique n'étaient qu'une petite portion de la superficie du globe terrestre. La sagesse et la bienfaisance de l'auteur de la nature ne permettaient pas de penser que le vaste espace qui était jusque là demeuré inconnu , fût entièrement couvert des eaux d'un stérile océan , sans aucune terre propre à être habitée par l'homme. Il paraissait d'ailleurs extrêmement probable que le continent du monde connu , placé sur un des cotés du globe , était balancé par une quantité à peu près égale de terres dans l'hémisphère opposé. Ces idées sur l'existence d'un autre continent , d'après la figure et la structure de la terre , étaient confirmées parles observations et les conjectures des navigateurs. Un pilote portugais s'étant avancé à l'occident plus qu'on ne le faisait en ce temps»

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1 '467 là, avait trouvé une pièce de bois sculptée , flottant sur les eaux et poussée vers lui par un vent d'ouest, et il en avait conclu qu'elle venait de quelque terre inconnue située vers ce même point. Un beau-frère de Colomb avait aussi trouvé à l'occident de l'île de Madère une pièce de bois travaillée de main d'homme, et apportée par le même vent , ainsi que des roseaux d'une grosseur énorme, semblables à ceux que Ptolémée décrit comme une production particulière des Indes orientales'. Enfin, après des vents d'ouest soutenus pendant quelque temps, on avait souvent aperçu sur les côtes des Açores des arbres déracinés , et une fois les cadavres de deux hommes dont les traits ne ressemblaient point du tout à ceux des habitants de l'Europe et de l'Afrique.

En même temps que la force de ces raisons puisées dans les faits et dans la théorie faisait espérer à Colomb qu'on découvrirait des terres nouvelles dans l'Océan occidental, d'autres considérations le portaient à croire que ces terres devaient tenir au continent des Indes. Quoique les anciens aient à peine pénétré dans l'Inde au-delà des rives du Gange, cependant quelques auteurs grecs se sont hasardés à décrire des provinces situées de l'autre côté de ce fleuve; et comme les hommes sont naturellement disposés à exagérer les objets éloignés et inconnus sur lesquels on ne peut les contredire , ces écrivains ont

(i) Lib. I, cap. 17.

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