‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 65 sur 174 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

connaissances dans la cosmographie * , et qui dans 1^67 ses réponses montra un savoir et une candeur qui le rendaient bien digne de la confiance de Colomb. Ce savant approuva fort le projet , l'appuya de beaucoup de faits, et encouragea Colomb à suivre une entreprise si louable , qui devait rapporter à sa patrie tant de gloire, et à l'Europe des avantages si grands \

Un esprit moins capable de former et d'exécuter Moyens de grands desseins n'aurait été conduit par ces rai- tlont il se sert

D . l pour la met-

sonnements, ces observations et ces autorités , qu'à tre à exécu« une théorie stérile qui aurait fourni matière à des tlondiscours ingénieux ou à des conjectures chimériques ; mais le caractère de Colomb ? entreprenant et plein d'ardeur , le portait à passer immédiatement de la spéculation à l'action. Pleinement convaincu de la vérité de son système et impatient de la confirmer par l'expérience ? il résolut d'entreprendre un voyage dans cette unique vue. Le premier pas qu'il avait à tenter était de s'assurer de la protection de quelque puissance de l'Europe qui pût fournir aux frais de l'entreprise. Son amour pour sa patrie s'était conservé malgré une longue absence, et lui faisait souhaiter qu'elle recueillît le fruit de ses découvertes

(i) 11 s'appelait Paul del Pozzo Toscanelli; il était astronome et connu sous le nom de Paul le physicien; né à Florence en 1397, il mourut dans la même ville le x5 mai 1482. (D. L. R.)

(2) Vie de Colomb, cap. 8.

^m7 et de ses travaux. Il proposa son projet au sénat de aux Gétto?086 Gênes, et regardant l'intérêt de son pays comme le premier but de son ambition, il offrit de naviguer sous le pavillon de la république à la recherche des pays nouveaux qu'il espérait de découvrir. Mais Colomb habitait depuis si long-temps des pays étrangers, que ses compatriotes connaissaient peu son habileté et son caractère ; et , quoique gens de mer, ils étaient si peu accoutumés à de grands voyages qu'ils ne purent se former aucune idée juste des principes sur lesquels Colomb fondait ses espérances. Us rejetèrent inconsidérément ses propositions comme le songe d'un homme à projets chimériques ', et par là perdirent pour toujours l'occasion de rendre à leur république son ancienne splendeur \ il se pré- Après avoir rempli ses obligations envers sa pasenie au roi ^rle Colomb , loin de se décourager par le refus

de Portugal. 7 7 ...

qu il venait d essuyer, poursuivit son projet avec une nouvelle ardeur. Il le proposa à Jean II , roi de Portugal, dans les états duquel il avait été établi longtemps, et qu'il considéra par cette raison comme ayant, après Gênes, un droit à ses services. Les cir-

(i) Le chevalier Bossy (Hist. de Chr. Colomb.) , prétend que les Génois ne rejetèrent la proposition de Colomb que parce qu'ils étaient engagés alors dans des guerres dispendieuses et lointaines , et qu'ils se rappelaient peut-être la catastrophe arrivée à deux de leurs concitoyens qui , en voulant découvrir de nouvelles régions, se perdirent dans l'Océan. (D. L. R.)

(2) Honora, Ilist. de las Indias Occld. decad. I, ïd>. 1, cap. 7.

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