‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 67 sur 174 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

choisir en liberté le patron qu'il croirait le plus ^8^ disposé à approuver et à exécuter son plan, il résolut de le proposer lui-même à Ferdinand et à Isabelle , qui gouvernaient alors les royaumes unis de Cas tille et d'Aragon. Mais connaissant déjà par n envoie son expérience toute l'incertitude du succès d'une sou e en

1 # < Angleterre.

pareille démarche auprès des rois et de leurs ministres, il prit la précaution d'envoyer en Angleterre son frère Barthélemi auquel il avait communiqué toutes ses idées , pour négocier en même temps l'exécution de son projet auprès de Henri VII, l'un des princes de l'Europe les plus instruits et les plus puissants.

Ce n'était pas sans raison que Colomb craignait obstacles que ses propositions ne fussent pas admises à la*1"*

111 l en Espayue.

cour d'Espagne. Cette puissance était alors engagée dans une guerre difficile contre le royaume de Grenade, le seul état qui restât aux Maures dans la Péninsule. Le caractère circonspect et défiant de Ferdinand donnait à ce prince de l'éloignementpour les projets hardis et singuliers. Isabelle , avec un esprit plus élevé et plus entreprenant, était obligée de suivre les impressions de son époux. Les Espagnols n'avaient fait jusque là aucun effort pour étendre leur navigation au-delà de ses anciennes limites1. Ils avaient vu les découvertes étonnantes

(i) M. Martin Fernandez de Navarrete a prouvé le contraire dans son introduction à la Collection de voyages déjà citée. ( D. L. R.)

C)4 HISTOIRE DE l' AMÉRIQUE.

4U8^ des Portugais sans chercher à les imiter. La guerre avec les Maures fournissait d'ailleurs un champ vaste à l'activité de la nation , et à son amour pour la gloire. Dans des circonstances si défavorables, il était impossible à Colomb d'obtenir une décision prompte chez un peuple naturellement lent et circonspect. Son caractère était cependant admirablement assorti à celui de la nation dont il sollicitait la confiance et la protection. Il était grave et poli dans son maintien , réservé dans ses paroles et ses actions , irréprochable dans ses mœurs , observateur exact de tous les devoirs et de toutes les pratiques de la religion. Des qualités si respectables lui procurèrent plusieurs amis , et lui acquirent une estime si générale que malgré la simplicité de son extérieur, conforme à la médiocrité de sa fortune , il ne fut pas regardé comme un aventurier à qui l'indigence faisait imaginer quelque projet chimérique , mais comme un homme dont les propositions méritaient une attention sérieuse.

Son projet Ferdinand et Isabelle , quoique entièrement ocest exammo CUp^s c|e ja guerre contre les Maures, écoutèrent

par des juges r a r- f

ignorants, qui Colomb avec assez d'intérêt pour se déterminer en rendent un sans j^ £ charger Ferdinand de Talavera , con-

compte défa-

vorabie. fesseur de la reine , de 1 examen de son projet. .Le confesseur consulta ceux de ses compatriotes qu'il jugeait les plus capables de prononcer sur un pareil sujet. Mais les connaissances avaient fait alors si

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