‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 87 sur 174 · LIVRE SECOND. l · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. l

mandant, d'éviter de donner aucun sujet de plainte 1402 aux naturels du pays, de cultiver l'amitié de Guacanahari, mais de ne jamais se mettre en son pouvoir en s'avançant dans l'île en petites troupes, ou en s'éloignant trop du fort. Il leur promit de revenir promptement avec un renfort qui les mettrait en état de prendre une pleine et paisible possession du pays, et de recueillir le fruit de leurs découvertes. Il s'engagea en même temps à faire mention de leurs noms au roi et à la reine, et à présenter leurs services sous le jour le plus avantageux '.

Après avoir pris toutes ces précautions pour la 1^93 sûreté de la colonie , il partit du port de la Nativité le 4 janvier i/jçp , et, faisant voile vers l'est, il découvrit et nomma la plus grande partie des havres de la cote du nord de l'île. Le 6 , il aperçut la Pinta et la rejoignit après une séparation de plus de six semaines. Pinson 2 s'efforça de justifier sa conduite en prétendant qu'il avait été emporté par la force de la mer et des courants , et que les vents contraires l'avaient empêché de retourner. Quoique l'amiral conservât toujours des soupçons sur les mauvaises intentions de Pinson, et quoiqu'il fût convaincu de la faiblesse des raisons qu'il apportait pour sa défense , il sentit bien qu'en ce moment ce serait compro-

(i) Oviedo, ap. Ramus. III, p. 82. Heneia, Decad. I, l. I, cap. 20. , Vie de Colomb , chap. 3/,.

(2) Martin, Alonso Pin/011. (D. L. R.)

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\H9S mettre son autorité que de l'exercer tout entière; il était d'ailleurs si content de cette réunion qui le délivrait de beaucoup de craintes, que, quelque peu satisfaisante que fût l'apologie de Pinson , il la reçut sans objection, et parut lui rendre son amitié. Pendant sa séparation d'avec l'amiral , Pinson avait visité plusieurs ports de l'île, et tiré un peu d'or des naturels en trafiquant avec eux, mais il n'avait fait aucune découverte importante, il se déter- L'état des deux vaisseaux et l'impatience de leurs mme à retour- équipages forçaient Colomb de hâter son retour en

ner en Euro- - . . cp

pe Europe. Les premiers, ayant beaucoup souiiert pen-

dant un si long voyagé, faisaient eau de toute part, et les Espagnols qui les. montaient, après une si longue absence de leur pays natal, exprimaient le plus vif désir de le revoir et de raconter à leurs compatriotes les choses étonnantes qu'ils avaient vues. Pressé par toutes ces raisons , Colomb partit enfin le 16 janvier, et, se dirigeant vers le nord-est, il eut bientôt perdu la terre de vue. Il avait à son bord quelques habitants des différentes îles qu'il avait découvertes; et, outre l'or qui avait été le principal objet de ses recherches, il rapportait une petite quantité de toutes les productions qui pouvaient devenir la matière de quelque commerce , des oiseaux inconnus , et d'autres curiosités naturelles , propres

à attirer l'attention des savants et a exciter l'étonne- Tempête

violente. ment du vulgaire. Le vovage fut heureux jusqu'au

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