‹ Histoire de l'Amérique (volume 4)Chapitre 89 sur 174 · LIVRE SECOND. i/Jl · texte numérisé non relu

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ncur', Colomb , se conduisant avec autant de pru- 4Zi9S dence que de courage, obtint des rafraîchissements et tous les secours dont il avait besoin. Une circonstance l'inquiétait cependant beaucoup. La Pinta, qu'il avait perdue de vue le premier jour de la tempête, ne paraissait point. Il craignit d'abord qu'elle n'eût été ensevelie dans les eaux j et que tout n'eût péri. Ensuite ses premiers soupçons se réveillèrent , et il se persuada que Pinson avait fait voile pour l'Espagne , afin d'arriver avant lui et de partager sa gloire en donnant les premières nouvelles de ses découvertes.

Cette dernière crainte lui fit quitter les Açores II arrive a

lv , il- -a i v i Lisbonne le 2 4

des que le vent le lui permit. A peu de distance de février, la cote d'Espagne , lorsqu'il touchait presque au terme de son voyage et qu'il paraissait être hors de tout danger , une autre tempête s'éleva presque aussi violente que la première, et qui, après l'avoir ballotté deux jours et deux nuits, le força d'entrer dans le Tage 2. Lorsqu'il en eut obtenu la permis- 4 mars, sion du roi de Portugal , il se rendit à Lisbonne , et , quoique les Portugais pussent assez naturellement sentir quelques mouvements de jalousie en

(t) Il s'appelait Jean de Castaneda. ( D. L. R. )

(2) Christophe Colomb n'entra dans le Tage que le 4 mars. D'après l'invitation du roi de Portugal , il partit le 9 pour aller trouver ce prince dans la vallée de Paraiso, située à neuf lieues de Lisbonne où il était alors. Colomb en fut parfaitement accueilli. Voyez la Collection des navigations et découvertes ries Espagnols, etc., déjà citée. (D. L. R.)

ll\'J. HISTOIRE DE l' AMERIQUE.

ii*85 voyant une autre nation entrer dans la carrière des découvertes , qu'ils croyaient réservée à eux seuls, et dès les premiers pas éclipser leur renommée , Colomb fut reçu avec toutes les marques de distinction dues à un homme qui avait exécuté des choses aussi extraordinaires qu'inespérées. Le roi l'admit en sa présence, le traita avec la plus grande considération , écouta le récit de son voyage avec une admiration mêlée de regret, tandis que Colomb, de son coté, jouissait de la satisfaction de développer l'importance de sa découverte, et de prouver la justesse de ses spéculations aux mêmes personnes qui, par une ignorance nuisible à elles-mêmes et fatale à leur pays, les avaient rejetées naguères comme les projets d'un visionnaire ou d'un aventurier \ il retourne Colomb , impatient de retourner en Espagne , ne .spagnc s'arrêta qUe cinq jours à Lisbonne. Le i 5 mars , il arriva au port de Palos , sept mois et onze jours après son départ de ce même lieu. Aussitôt qu'on découvrit son vaisseau, tous les habitants coururent au rivage pour embrasser leurs parents et leurs compatriotes, et savoir des nouvelles de leur voyage. Mais lorsqu'ils apprirent l'heureuse issue de l'expédition, lorsqu'ils virent les hommes extraordinaires amenés par Colomb , les animaux inconnus , les productions singulières des pays qu'on avait décou-

(i) VU: de Cohnnb, duip. 40, 4r. Herrera , Dccad.I, lib. Il, cap. ').

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