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4 493 ment et d'en prévoir les suites , l'apprirent avec des transports d'admiration et de joie. Ils en parlaient avec ravissement ; ils se félicitaient les uns les autres d'avoir vécu dans un siècle où ce grand événement reculait les bornes des connaissances , préparait au genre humain une moisson nouvelle de recherches et d'observations , et fournissait désormais à l'homme un moyen de connaître parfaitement la structure et les productions du globe qu'il habite \ Les opinions se partagèrent , et l'on forma différentes conjectures sur les pays nouvellement découverts ; on demandait à quelle division de la terre ils appartenaient. Colomb soutenait toujours sa première idée, et voulait qu'on les regardât comme une portion de ces vastes régions de l'Asie comprises alors sous le nom général d'Inde, Ce sentiment était confirmé par ses observations sur les productions de ces pays. On savait que l'or abondait dans l'Inde , et il avait rapporté des îles qu'il avait visitées une assez grande quantité de ce métal pour donner à croire qu'on y en trouverait des mines. Le coton, autre production des Indes orientales, était commun dans ces îles. Le piment lui paraissait être une espèce de poivre de l'Inde. Il prenait une racine assez ressemblante à la rhubarbe pour cette drogue précieuse, qu'on supposait alors être une production particulière des
(i) P. Mart. Epist. i33, i34 , 1 3 5. Voyez la note 2 3.
Indes orientales '. Les oiseaux qu'il avait apportés 4^95 étaient ornés de plumages de couleurs aussi riches que ceux de l'Asie. L'alligator lui semblait être le même animal que le crocodile. Toutes ces circonstances déterminèrent non-seulement les Espagnols, mais les autres nations de l'Europe , à adopter l'opinion de Colomb. Les pays qu'il avait découverts fu- Connus sous
. , , , p • , i 1)T 1 lenomd'Indes
rent considères comme taisant partie de 1 Inde, et occidentales. Ferdinand et Isabelle leur donnèrent le nom d'Indes, dans la ratification du traité de Santa -Fé, accordée à Colomb à son retour 2. Lorsqu 'ensuite l'erreur fut découverte et la vraie situation du nouveau-monde mieux déterminée, il conserva son premier nom : on l'appelle encore Indes occidentales, et ses habitants sont appelés Indiens.
Ce nom si séduisant, les échantillons apportés Préparatifs par Colomb de la richesse et de la fertilité de cesp0lir un se~
r m cond voyage.
pays nouveaux, l'exagération, naturelle aux voyageurs, que ses compagnons mettaient dans leurs récits, donnèrent de si brillantes espérances, que le goût des découvertes et des entreprises s'anima tout à coup à un point étonnant parmi les Espagnols. Quoique peu familiarisés avec les grands voyages de mer, ils montrèrent la plus vive impatience pour une seconde expédition. Des volontaires de tous les rangs demandaient à être employés. La belle per-
(i) Herrcra, Decacl. I, lib. I, cap. 20. Gomara, Ht st. cap. 17. (1) Vie de Colomb, chap. 44.
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i 493 spective offerte à leur avidité et à leur ambition leur faisait fermer les yeux sur les dangers et la longueur du voyage. Ferdinand lui-même semblait avoir oublié son caractère circonspect et son éloignement pour les entreprises hasardeuses, et partageait l'enthousiasme de ses sujets. Il fit faire les préparatifs d'une seconde expédition , et ils furent achevés avec une promptitude à laquelle les Espagnols n'étaient pas accoutumés. Ce nouvel armement , qui paraîtrait assez considérable, même dans notre siècle, consistait en dix-sept vaisseaux , dont quelques-uns étaient d'un très grand port : il s'embarqua quinze cents personnes , parmi lesquelles se trouvaient beaucoup de gentilshommes qui avaient été employés dans des places honorables. Le plus grand nombre, devant rester dans le pays, s'étaient pourvus de tout ce qui leur était nécessaire pour faire des conquêtes ou pour former un établissement. Ils emportaient toutes les espèces d'animaux domestiques de l'Europe , toutes les semences et toutes les plantes qu'on jugeait devoir réussir sous le climat des Indes occidentales , avec des ustensiles et des outils de toutes sortes. Enfin il y avait parmi eux tous les genres d'ouvriers nécessaires à une colonie qui s'établit T .
Droits de l'Es- Cependant, quelque importants et bien conccr-
p gn i ^g fussent ces préparatifs , Ferdinand et Isabelle nouveau-mon- l r r
(i) Herrera, Dccad. /, lib. II, cap. 5. Vie de Colomb , cliap. 45.