LIVRE SECOND. ï5l
de tous les pays qu'ils pouvaient découvrir sur une W9& si grande partie du globe , rien ne retarda plus le départ de la flotte. Colomb était extrêmement impatient de revoir la colonie qu'il avait laissée , et de suivre la carrière de gloire qu'il s'était ouverte. Il mit à la voile de la baie de Cadix le 2 5 septembre, et touchant encore à l'île Gomera , il porta au sud et s'avança dans cette direction ' plus qu'il n'avait fait dans son premier voyage. Par-là il jouit plus constamment du secours des vents alises qui régnent entre les tropiques , et fut porté vers un groupe d'îles situées à une grande distance à l'est de celles qu'il avait déjà découvertes. Le vingt-sixième jour 2 novembre, après son départ de Gomera ? il prit terre à une des Caraïbes ou îles du Vent, à laquelle il donna le nom de Deseada ( la Désirade) , à cause du désir que ses gens montraient de découvrir quelque partie du nouveau-monde a. Il visita ensuite successivement la Dominique , Marie Galante , la Guadeloupe, Antigoa , Saint-Jean de Porto- Rico , et plusieurs autres îles qu'il trouva sur sa route en avançant vers le nord-ouest. Elles étaient toutes habitées par ces peuples cruels que Guacanahari lui
(1) Muîioz dit que Colomb quitta Gomera le 14 octobre, se rendit à nie-de-Fer et gouverna ensuite à l'ouest , en inclinant un peu vers le sud , et que dans la matinée du 3 novembre , il découvrit une île qu'il nomma la Dominique , parce que le jour de sa découverte était un dimanche , etc. (D. L. R.)
(•2) Oviédo, op. Ramusium III, 85. B.
i'i95 avait peints de si effrayantes couleurs ? et dont la description ne parut pas exagérée. Toutes les fois que les Espagnols débarquèrent , ils furent reçus d'une manière qui les convainquit de l'esprit guerrier et de l'audace des insulaires , et ils aperçurent dans leurs habitations les restes des horribles repas dans lesquels ces peuples se nourrissaient des corps de leurs ennemis pris à la guerre.
1 arrive a Colomb était trop empressé de connaître l'état
1 Espauola le .
22 novembre, de sa colonie et de lui porter les secours dont il supposait qu'elle avait besoin, pour s'arrêter dans aucune de ces îles. Il continua donc sa route vers l'Espagnola \ Lorsqu'il arriva à la Nativité , où il avait laissé ses trente-huit hommes sous le commandement d'Arada , il fut fort étonné de n'en voir aucun se montrer et accourir au-devant de leurs compatriotes avec les transports de joie dont il s'était formé l'idée. Inquiet sur leur sort et soupçonnant ce qui leur était arrivé , il prit terre. Tous les naturels du pays qui eussent pu lui donner quelques nouvelles de sa colonie s'enfuirent à son approche. Il trouva le fort entièrement démoli ; des lambeaux d'habillements espagnols , des débris de leurs armes et de leurs ustensiles épars autour de lui , ne laissèrent aucun doute sur le destin malheureux delà garnison*.
(i) P. Martyr. Decad. p. i5 , i.8, H errera , DecaéL 1, lib. I, cap. 7. Vie de Colomb, chap. 46, etc.
(2) Ilist. de Cura de los paiaçîos. M. S.