‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 100 sur 175 · LIVRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME

les Anglais regardèrent comme légitime tout ce qui contribuait à assouvir leur vengeance. Ils se mirent à la poursuite des Indiens comme on chasse les animaux des forêts; et, comme cette chasse était dangereuse et difficile dans les bois dont le pays était couvert, et où se réfugiaient leurs ennemis, ils s'efforcèrent de les tirer de leurs forts par de feintes offres de paix, et des assurances d'oubli et de pardon faites avec une telle apparence de sincérité, qu'ils trompèrent jusqu'à leur chef, l'artificieux Opechancanough , et les engagèrent à revenir dans leurs premières habitations, et à reprendre leurs occupations accoutumées. Les deux nations semblaient avoir changé alors de caractère et de rôle. Les Indiens comme des hommes familiarisés avec les principes de droiture et de bonne foi , sur lesquels le commerce des nations est fondé , se fièrent à la réconciliation qu'on leur annonçait , et ils vivaient dans une entière sécurité, sans soupçonner de danger, tandis que les Anglais, avec un artifice perfide, se préparaient à imiter les sauvages dans leur vengeance et dans leur cruauté. Aux approches de la moisson , temps où une attaque était plus à craindre et plus fatale aux sauvages, ils tombèrent tout à coup sur les villages indiens , massacrèrent tout ce qu'ils purent atteindre, et poussèrent le reste dans les bois où un si grand nombre périt de faim, que quelques-unes des tribus les plus voisines des Anglais fit-

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rent entièrement extirpées. Cette vengeance atroce, que les exécuteurs se sont efforcés de justifier comme un acte nécessaire de représailles, fut suivie de quelques heureux effets. Elle délivra la colonie si entièrement de toute crainte d'attaque de la part des sauvages , que ses établissements commencèrent à se relever, et son industrie à se ranimer. a compa- ]\|ais malheureusement dans ces circonstances ,

gnie, en An- '

gleterre, est l'état où se trouvait la compagnie investie de la divisée par propriété et du gouvernement de la colonie ne lui

des factions. . -, i i rr î 1

permettait pas de seconder les efforts des colons en leur envoyant un assez grand renfort en hommes, et les secours nécessaires pour réparer leurs pertes. La compagnie avait été originairement formée de beaucoup d'intéressés, et s'était accrue si rapidement par l'adjonction de beaucoup de membres, attirés par l'appât du profit ou par le désir dé favoriser une entreprise d'utilité publique, que son assemblée générale était devenue extrêmement nombreuse \ Les effets des nouveaux principes politiques qui se répandaient alors dans le royaume , et les passions qui s'animaient, se firent sentir dans ces assemblées populaires, et influèrent sur leurs décisions, comme vers la fin du règne de Jacques Ier. Le peuple commençait à avoir des idées plus justes et des sentiments plus élevés sur la liberté constitutionnelle ; il en vint à comprendre mieux ses droits

(i) Slilh. , p. 272 , 276.

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