‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 101 sur 175 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

et à les défendre avec plus de hardiesse. Une distinction anciennement peu connue dans la politique anglaise commença à s'établir entre le parti de la cour et celui du pays , et les chefs de l'un et de l'autre cherchaient à acquérir du pouvoir et de l'influence par tous les moyens. Les uns et les autres se disputèrent à l'envi la direction d'un corps aussi nombreux et aussi respectable que celui de la compagnie de la Virginie , d'où il arriva que pendant quelques années les affaires furent conduites dans les assemblées générales, non avec la maturité et la sagesse convenables à des négociants délibérant sur leur intérêt commun , mais avec la violence et l'animosité qu'on doit toujours attendre d'une assemblée nombreuse 7 dans laquelle des factions rivales se disputent la supériorité'.

Comme le roi n'assemblait pas souvent le grand Jacques étaconseil de la nation en parlement , les assemblées !

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générales de la compagnie devinrent l'arène où les examiner sa orateurs populaires déployèrent leurs talents. Les conduiteproclamations de la couronne , les actes du conseil privé relatifs au commerce et à la police de la colonie, y étaient discutés avec liberté et censurés avec une sévérité qui s'accordait mal avec les idées relevées qu'avait Jacques de sa propre sagesse et de l'étendue de sa prérogative. Dans la vue d'arrêter les progrès de cet esprit de discussion , les ministres

(1) Slith., p. 229, etc. Charniers, p. 59.

employèrent toute leur adresse et toute leur influence à gagner dans la compagnie assez de partisans pour pouvoir diriger ses délibérations; mais ils furent si malheureux dans leurs tentatives , que toutes les mesures qu'ils proposaient étaient rejetées à une immense majorité, quelquefois sans aucun motif plausible et uniquement parce qu'ils les proposaient. Jacques 9 peu favorable au pouvoir d'une assemblée populaire quelle qu'elle fût, et las de combattre avec celle-là sur laquelle il avait tenté inutilement d'obtenir quelque ascendant, commença à s'occuper de la pensée de dissoudre la compagnie, et de lui donner une nouvelle constitution. Des prétextes assez plausibles et d'assez bonnes raisons semblaient justifier cette mesure. La lenteur des progrès de la colonie, les sommes immenses dépensées pour son établissement , le grand nombre d'hommes qui avaient péri en essayant de la fonder, le dernier massacre des habitants par les Indiens, et tous les malheurs qu'avaient éprouvés les Anglais depuis leur première émigration en Amérique , furent imputés uniquement à l'incapacité d'une compagnie nombreuse pour conduire une entreprise si compliquée et si difficile. La nation elle-même ressentait vivement la mauvaise réussite d'un projet dont elle s'était promis de grands avantages, et desirait qu'on examinât avec impartialité les mesures suivies jusque là, afin d'être en état d'en concerter de

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