‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 102 sur 175 · LIVRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME

meilleures pour la conduite des affaires de la colonie à l'avenir. Ainsi l'état actuel des affaires de la compagnie et les vœux de la nation semblaient appeler l'intervention de la couronne; et Jacques, empressé de déployer la supériorité de sa sagesse royale en corrigeant les erreurs dans lesquelles la compagnie était tombée par son inexpérience dans l'art de gouverner, entreprit avec confiance l'œuvre de cette réformation.

Sans avoir égard aux droits donnés à la compagnie par sa charte, et sans suivre aucune forme de procédure judiciaire pour l'annuler, le roi, en vertu de sa prérogative, créa une commission qui autorisait quelques-uns des juges et d'autres personnes de marque à examiner toutes les opérations de la compagnie depuis son premier établissement, pour mettre ensuite sous les yeux du conseil privé le résultat de leurs recherches, et leur opinion sur les moyens de rétablir et de faire fleurir la colonie \ En même temps, par un coup d'autorité encore plus hardi, il fît saisir tous les papiers et registres de la compagnie , et arrêter deux de ses principaux officiers. Tout arbitraires et violents que ces actes d'autorité puissent nous paraître aujourd'hui , les commissaires conduisirent leur opération sans rencontrer d'autre obstacle que de faibles et inefficaces remontrances de la compagnie. Quoiqu'ils suivissent

(0 Stith., p. 288.

9 Mai

leurs recherches avec beaucoup d'activité et de vigueur l, ils ne communiquèrent aucun de leurs procédés à la compagnie, mais le rapport qu'ils firent sur ses opérations semble avoir été très défavorable ; car, d'après sa conclusion, le roi fit signifier à la compagnie son intention de confier le gouvernement suprême de la compagnie à un gouverneur et à douze assesseurs qui résideraient en Angleterre , et le pouvoir exécutif à un conseil de douze personnes résidant en Virginie. Le gouverneur et ses assesseurs devaient d'abord être nommés par le roi, et dans la suite eux-mêmes nommeraient aux places vacantes ; mais leur choix aurait besoin d'être ratifié par le 8 octobre. conseil privé. Les douze conseillers en Virginie La compagnie devaient aussi être choisis par le gouverneur et ses

reçoit l'ordre v . .• j • . r 1

, ' , adjoints , et ces nominations devaient également

de rendre sa J 7 °

charte. obtenir la sanction du conseil privé. Pour tranquil-

liser les colons, il fut déclaré que la propriété particulière et individuelle du sol serait regardée comme sacrée , et que toutes les concessions de terres faites par la première compagnie seraient confirmées par la nouvelle. Pour procéder à l'exécution de ce plan, le roi requit la compagnie de remettre entre ses mains sur-le-champ la charte dont elle jouissait \ La compa- Mais là Jacques et ses ministres rencontrèrent

gnie s'y re- une résistance qu'ils ne semblent pas avoir prévue,

fuse.

(i) Smith's Travels, p. i65, etc.

(2) Stith., p. 293.

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