LIVRE NEUVIÈME. 2l
et un esprit d'opposition auquel ils ne s'attendaient pas. Ils trouvèrentles membres de la compagnie déterminés à ne pas abandonner timidement les droits et les privilèges qui leur avaient été accordés avec toutes les formes légales, et pour lesquels ils avaient dépensé de grandes sommes, d'après la confiance mise en leur validité '. Ils se montrèrent encore plus opposés à ce qu'on abolît la forme populaire du gouvernement, dans lequel chaque actionnaire avait une voix, pour soumettre une colonie, dont les intérêts étaient les leurs, au despotisme d'une petite junte absolument dépendante de la couronne. Ni 20 octobre. les promesses, ni les menaces ne purent les engager à se départir de leur refus j et , dans une assemblée générale, la demande du roi fut rejetée presque à l'unanimité, et la résolution prise de défendre jusqu'à l'extrémité des droits appuyés sur une charte , si on pouvait les mettre en question devant une cour de justice. Jacques , blessé au vif de leur audace 10 novemb. à s'opposer à sa volonté , fit expédier un ordre de quo warrante) 2, en vertu duquel la validité de la charte de la compagnie devait être jugée à la cour du banc du roi; et, dans la vue de rassembler de nouvelles preuves de sa mauvaise administration, il envoya des person nés de confiance en Virginie pour y examiner l'état delà colonie, et rechercher la cond uite de la compagnie et celle de ses officiers dans ce pays,
(1) Clialmers, p. 61. (2) Voyez la note 60.