‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 113 sur 175 · LIVRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME

de l'Asie , de l'Afrique et de l'Amérique ne serait importée dans les domaines de la république que sur des vaisseaux appartenant à des Anglais, ou à des sujets de l'Angleterre établis dans les colonies, et dont le capitaine serait Anglais, ainsi que la plus grande partie de l'équipage '. Mais, en même temps que la république prescrivait, dans sa sagesse, au commerce des colonies la route dans laquelle elle lui permettait de marcher, elle s'occupait aussi d'encourager la culture de la denrée principale provenant du sol de la Virginie, par un acte du parlement 1652 qui donna force de loi à toutes les défenses portées par Jacques Ier et Charles Ier , de planter du tabac en Angleterre2.

Sous les gouverneurs nommés par la république ou par Cromwell, lorsqu'il eut usurpé le pouvoir suprême , la Virginie passa neuf ans dans une parfaite tranquillité; mais, durant cette période, plusieurs partisans du roi et parmi eux quelques chefs de bonnes familles , pour se soustraire aux dangers et à l'oppression auxquels ils étaient exposés en Angleterre, ou dans l'espérance de réparer leur fortune ruinée, s'établirent dans ce pays. Attachés fortement à la cause pour laquelle ils avaient souffert et combattu, et animés de la passion naturelle à des hommes qui venaient de se trouver engagés

(i) Scobel's Acls, p. i32, 176.

(2) ScobeFs Acts. p. 187.

dans une guerre civile longue et cruelle, ils confirmèrent les colons dans leurs principes de fidélité envers leurs anciens souverains, et les animèrent davantage contre les gênes imposées à leur com- Méconten- merce par leurs nouveaux maîtres. A la mort de tement des ]\|athews , dernier gouverneur nommé par Crom-

colons. . l

well , le peuple , cessant d être contenu par l'autorité d'un chef, fit éclater avec violence tout son mécontentement. On força sir William Berkeley à Us sont les quitter sa retraite , et il fut élu gouverneur de la premiers a colonie d'une voix unanime : mais , comme il refu-

reconnaître

Charles II. sait d occuper cette place et d en remplir les fonctions sous une autorité usurpée, les colons levèrent hardiment l'étendard royal, et reconnaissant Charles II pour leur légitime souverain, ils le proclamèrent avec tous ses titres. Les Virginiens se sont long-temps vantés qu'après avoir été les derniers des sujets de leur roi à se soustraire à son empire, ils avaient été les premiers à rentrer dans leur devoir1.

Leur fidélité Heureusement pour les Virginiens une révolution mal recoï»- en A^ngleterre? aussi prompte qu'inattendue, ayant rétabli Charles II sur le trône de ses pères, les sauva du châtiment sévère auquel leur déclaration prématurée en sa faveur les aurait exposés. A la première nouvelle de cet événement, la joie et les transports furent universels et extrêmes dans la colonie; mais

(i) Beverley, p. 55. Chalmers, p. 124.

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