‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 114 sur 175 · LIVRE NEUVIÈME. '2iq · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME. '2iq

ils n'y furent pas de longue durée. Charles, pour tout retour de leur loyauté et de leurs bons services, leur donna des assurances stériles de son estime et de sa bienveillance ; récompense d'un si haut prix dans leur opinion qu'ils s'en fussent contentés, si la négligence et l'ingratitude du roi n'avaient pas trompé dans la suite les flatteuses espérances qu'ils avaient fondées sur leur conduite passée envers lui : mais l'esprit qui dirigeait le parlement dans ses lois relatives au commerce les alarma bientôt pour l'avenir. En faisant des règlements pour l'encouragement du commerce qui avait souffert dans toutes ses parties des convulsions de la guerre civile et des fluctuations continuelles de l'autorité, la chambre des communes, au lieu d'accorder aux colonies le secours qu'elles attendaient de quelque adoucissement aux gênes imposées à leur commerce par la république et par Cromwell, non-seulement adopta toutes les idées de ce gouvernement sur cet objet, mais les poussa beaucoup plus loin.

Cette politique produisit Y acte de navigation, la Actede plus mémorable et la plus importante des lois de v'satl commerce que renferme la collection des actes du parlement relativement à cette branche de l'administration. Par cet acte, outre diverses clauses étrangères à l'objet de cet ouvrage, il fut réglé qu'aucune marchandise ne serait importée dans aucun établissement anglais en Asie, en Afrique ou en Amérique, iv. i5

nalon.

?3o HISTOIRE DE l'aMERIQUE.

ou n'en serait exportée que dans des navires construits en Angleterre ou dans ses colonies, dont le capitaine et les trois quarts de l'équipage seront sujets de l'Angleterre , sous peine de confiscation du navire et des marchandises; qu'aucune personne qui ne serait pas née sujette de l'Angleterre, ou qui ne serait pas naturalisée comme telle , n'exercerait la fonction de marchand ou de facteur dans aucun établissement anglais, sous peine de confiscation de ses marchandises et autres biens mobiliers; que le sucre, le tabac, l'indigo, la laine, le coton, le gingembre et les bois de teinture du cru ou fabrique des colonies, ne pourraient y être embarqués pour être exportés à aucun autre pays que l'Angleterre même; et, que pour la sûreté de l'exécution de cette loi, le propriétaire du navire serait tenu de donner, avant de mettre à la voile, son engagement par écrit , et avec caution pour la somme à laquelle le vaisseau et son chargement auraient été préalablement estimés1. Les productions soumises à cette restriction sont distinguées dans la langue du commerce et des finances par le nom à* enumerated commodities ( marchandises dénombrées ) ; et , comme l'industrie dans ses progrès en a fourni ensuite d'autres de quelque valeur, celles-ci ont été depuis ajoutées à la liste, et soumises aux mêmes restrictions.

(t) i2'' année de Charles II, c. x8.

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