‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 117 sur 175 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

dans chacun des événements postérieurs, on observe sans cesse les efforts continuels de la métropole pour les étendre et les faire exécuter, et du coté des colonies les efforts non moins soutenus pour les éluder et en empêcher les effets.

L'acte de navigation était à peine connu en Vir- Les colons ginie , à peine ses effets commencaient-ils à se faire font des re~

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sentir, qu'il fut l'objet des réclamations de la colo- contre l'acte nie ; mais les idées que Charles et ses ministres ^ naviSa~ avaient sur 1 administration du commerce coïncidaient tellement avec celles du parlement, qu'au lieu d'écouter favorablement leurs représentations et leurs pétitions , on s'occupa sans relâche de la stricte exécution de cet acte. Pour cela on envoya des instructions au gouverneur, on fit élever des forts sur les rives des principales rivières , et on établit de petits bâtiments en croisière sur toute la cote. Les colons , ne pouvant rien obtenir du gouvernement, cherchèrent tous les moyens d'éluder l'acte , et en trouvèrent malgré la vigilance de l'autorité, qui ne put parvenir à les empêcher de lier un commerce clandestin considérable avec les étrangers , et particulièrement avec les Hollandais établis sur la rivière d'Hudson. Quelques militaires vétérans, qui avaient servi sous Cromwell , et qui avaient été bannis en Virginie, encouragés par le mécontentement qu'ils voyaient répandu dans la colonie, formèrent le projet de s'emparer du pays et de le

rendre indépendant de l'Angleterre. Ce eomplot hardi fut découvert par un des associés , et déconcerté par la vigueur des mesures prises par sir William Berkeley. Mais l'esprit de mécontentement, quoique réprimé , ne s'éteignit pas , et chaque jour quelque nouvel événement le ranimait et le nourrissait. Ce n'est qu'avec une extrême difficulté qu'on peut détourner le commerce dans de nouveaux canaux. Le tabac , cette production principale de la colonie, baissa prodigieusement de prix lorsqu'il ne fut plus possible de la vendre que dans un seul marché. Il s'écoula un peu de temps avant que l'Angleterre pût fournir aux colons tous les objets nécessaires à une colonie , sans lesquels elle ne peut faire de progrès et assurer sa pros- La colonie périté. Les Indiens établis vers la tête des rivières, csi attaquée observant les symptômes généraux d'affaiblissement vr e et de langueur de la colonie, se hasardèrent d'abord à attaquer les établissements les plus éloignés , et à faire ensuite des incursions dans l'intérieur du pays. Ces hostilités, tout inattendues qu'elles étaient de la part d'un peuple avec qui les Anglais vivaient depuis long-temps en bonne intelligence, inspirè- Méeonien- rent moms de terreur aux plus riches colons qu'une i -,nen! pro- mesure prise par le roi dans le même temps. Charles

duit par les .... , ,, , , v

ns avait imite imprudemment 1 exemple de son père, de terres, fai- en accordant en Virginie à plusieurs de ses courtespar ou-jigaî)S des concessions de terre si vastes qu'elles

ronno.

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troublaient absolument la distribution antérieure des propriétés dans le pays , et rendaient précaires et disputables les titres de possession des plus riches colons sur les terres qu'ils avaient défrichées. Ces diverses causes affectant plus ou moins vivement chaque individu de la colonie , l'indignation devint générale , et s'alluma à un tel point que rien ne leur manquait plus pour les porter a une révolte déclarée qu'un chef capable de les réunir et de diriger leurs mouvements \

Ce chef se trouva dans Nathaniel Bacon , colonel Insurrection

• «i- • • /, i i- -rr- • • i • en Virginie,

de milice, qui, quoique établi en Virginie depuis conduite par trois ans seulement, par ses manières populaires, N. Bacon, son adresse insinuante et la considération qu'il lirait de son ancienne profession d'homme de loi, qu'il avait exercée en Angleterre, avait obtenu une estime si générale qu'il avait été admis au conseil, et était regardé comme un des plus respectables habitants de la colonie. Bacon était ambitieux, éloquent, entreprenant et animé ou du zèle du bien public, ou de l'espoir de s'élever lui-même aux places et au pouvoir. Il se mêla aux mécontents , et par ses discours hardis et ses promesses de leur faire obtenir justice , les enflamma jusqu'à la frénésie. Les dévastations commises par les Indiens étant la calamité la plus vivement sentie par le plus grand nombre, il accusa le gouverneur d'avoir négligé les me-

(0 Chal-mer's Aimais, c. io, i3, i\. Passîm. Bevcrley, p. 58, etc.

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sures propres à contenir et à repousser les sauvages, et exhorta les habitants à prendre les armes pour leur propre défense, et à exterminer cette race odieuse. Ils s'assemblèrent en grand nombre , et choisirent Bacon pour leur général. Celui-ci s'adressa au gouverneur pour en obtenir une commission qui confirmât le choix du peuple, offrant de marcher sur-le-champ contre l'ennemi commun. Berkeley, à qui l'habitude du commandement suprême donnait des idées très hautes du respect dû à sa place , considéra cet armement tumultuaire comme une insulte faite à son autorité, et soupçonna que, sous des apparences spécieuses , Bacon cachait des 'desseins très dangereux. Ne voulant pas cependant enflammer encore cette multitude par un refus direct , il crut plus sage de négocier pour gagner du temps, et ce ne fut qu'après avoir fait inutilement différents efforts pour les calmer qu'il fit une proclamation pour leur ordonner au nom du roi de se disperser sous peine d'être déclarés rebelles.

Mais Bacon, convaincu qu'il s'était trop avancé pour reculer sans mettre en danger sa réputation et sa personne, prit sur-le-champ la seule résolution qui convînt à sa situation. A la tête d'une troupe choisie, il marcha rapidement sur James- Town; et, environnant la maison oii le gouverneur et le conseil étaient réunis, il redemanda la commission qu'il avait déjà voulu avoir. Berkeley, avec

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