‹ Histoire de l'Amérique (volume 5)Chapitre 12 sur 175 · LIVRE HUITIEME. in · texte numérisé non relu

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trie. En retenant dans leurs mains le droit de donner les lois, celui d'imposer les taxes et de nommer aux principaux emplois, tant dans le civil que dans le militaire, ils s'assurèrent de leur dépendance. Heureusement pour l'Espagne la situation de ses colonies rendit praticable cette nouvelle idée. Presque tous les pays qu'elle a découverts et occupés sont placés entre les tropiques. Les productions de cette grande partie du globe sont différentes de celles de l'Europe, même dans les provinces les plus méridionales de notre continent. L'industrie de ceux qui s'établissent dans un pays suit naturellement les qualités du climat et du sol. Quand les Espagnols prirent possession de leurs domaines d'Amérique , les métaux précieux furent le seul objet qui attira leur attention. Lors même qu'ils commencèrent à suivre un meilleur plan , ils s'occupèrent presque uniquement des productions particulières au sol et au climat , qui , par leur rareté et leur valeur, étaient recherchées davantage de la métropole. Séduits par l'espoir de s'enrichir promptement , ils dédaignèrent de prodiguer leur industrie à des travaux moins lucratifs, mais beaucoup plus intéressants. Ils se mirent même dans l'impuissance de corriger cette première erreur ; et , pour ôter aux colons tout moyen de devenir les rivaux de l'Espagne, ils défendirent dans les colonies, sous des peines très

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sévères ' , la culture du vin et de l'huile 2 , ainsi que l'établissement de diverses espèces de manufactures. Ils réservèrent à la métropole seule l'approvisionnement des colonies pour les objets de première nécessité. Les draps , les meubles., les instruments des arts, les objets de luxe et même une partie considérable des provisions de bouche qui se consomment en Amérique, y furent importées d'Espagne. Pendant une grande partie du seizième siècle , l'Espagne , en possession d'un commerce étendu et de manufactures florissantes , put avec facilité satisfaire les besoins de ses colonies par son propre fonds. Elle recevait en échange les produits des mines et quelques productions du sol. Mais les importations et les exportations se faisaient par des vaisseaux espagnols. On ne permettait à aucun navire américain de porter des marchandises d'Amérique en Europe. Le commerce même d'une colonie avec une autre était prohibé ou limité par de grandes gênes. Tout ce que fournit l'Amérique aborde aux ports d'Espagne; tout ce qu'elle consomme en sort. Aucun étranger ne peut entrer dans les colonies sans une permission expresse du gouvernement; aucun vaisseau des nations étrangères n'est reçu dans leurs ports. La confiscation des biens meubles et la mort sont les peines prononcées contre tout

(i) Ulloa , Jfiét. des manuf., etc. p. 206. [2) Voyez la note 1 1 .

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